Accélérer la répression des détournements de fonds publics et mettre fin aux rapports d’audit sans suite judiciaire. Tel est l’objectif de la rencontre tenue mardi 10 mars à Kinshasa entre le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, et l’Inspecteur général des finances – chef de service de l’Inspection générale des finances (IGF), Christophe Bitasumwa Bahi. Les deux responsables ont convenu de renforcer la coopération entre leurs institutions afin de transformer les conclusions des missions de contrôle en poursuites judiciaires effectives. Cette démarche s’inscrit dans la volonté affichée des autorités congolaises de durcir la lutte contre la corruption et les détournements qui fragilisent la gestion des finances publiques.
Renforcer la lutte contre les détournements de deniers publics et traduire en justice les auteurs d’irrégularités graves. Telle est la dynamique enclenchée mardi 10 mars à Kinshasa à l’issue d’une rencontre entre le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, et l’Inspecteur général des finances – chef de service de l’Inspection générale des finances (IGF), Christophe Bitasumwa Bahi.
Au cœur de leurs échanges : la nécessité de renforcer la collaboration entre les institutions de contrôle et l’appareil judiciaire afin que les conclusions des audits menés par l’IGF débouchent systématiquement sur des actions judiciaires lorsque des faits de détournement ou de mauvaise gestion sont établis.
Cette rencontre marque une étape dans la volonté des autorités congolaises d’intensifier la lutte contre les malversations financières qui affectent la gestion des ressources publiques. L’objectif est clair : éviter que les rapports d’inspection ne se limitent à de simples constats administratifs sans conséquence pénale.
Les deux responsables ont ainsi examiné plusieurs mécanismes susceptibles de renforcer la chaîne de contrôle et de sanction, notamment en améliorant la transmission des dossiers d’audit à la justice et en accélérant l’ouverture de poursuites contre les auteurs présumés d’infractions économiques.
Pour l’Inspecteur général des finances, Christophe Bitasumwa Bahi, l’efficacité du contrôle public repose avant tout sur la certitude de sanctions effectives contre les auteurs de détournements.
« Si l’on travaille et qu’il n’y a pas de sanctions exemplaires, le contrôle risque d’être banalisé. Il est crucial que la peur de détourner les fonds publics s’installe dans le pays », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de rompre avec la culture de l’impunité.
Selon lui, la lutte contre la corruption et les détournements exige non seulement des mécanismes de contrôle rigoureux, mais également une réponse judiciaire rapide et dissuasive.
Au cours de cette rencontre, plusieurs pistes de réforme ont été évoquées pour renforcer l’efficacité de la lutte contre les infractions économiques et financières. Parmi celles-ci figure notamment la création d’un parquet spécialisé auprès des juridictions financières, chargé de traiter les dossiers liés aux détournements de fonds publics et aux crimes économiques.
Les discussions ont également porté sur l’élaboration de nouvelles dispositions législatives destinées à améliorer la prévention et la répression des infractions financières, tout en renforçant les mécanismes de traçabilité et de protection du patrimoine public.
Dans cette perspective, le ministère de la Justice et l’Inspection générale des finances ont convenu de mettre en place un cadre de coopération permanent afin d’assurer un suivi plus efficace des dossiers transmis à la justice.
Ce mécanisme devrait permettre de fluidifier la communication entre les services de contrôle et les autorités judiciaires, tout en facilitant l’engagement rapide de poursuites lorsque des irrégularités graves sont identifiées.
L’initiative s’inscrit dans un contexte où la gouvernance des finances publiques demeure un enjeu central pour la République démocratique du Congo, engagée depuis plusieurs années dans un processus de réformes visant à améliorer la transparence et la gestion des ressources de l’État.
Pour les autorités, la coordination renforcée entre l’IGF et la justice constitue un levier essentiel pour garantir l’efficacité des mécanismes de contrôle et envoyer un signal dissuasif aux gestionnaires publics tentés par les pratiques de détournement.
Présentée comme une véritable « riposte judiciaire » contre les malversations financières, cette nouvelle dynamique devra désormais se traduire par des actions concrètes devant les juridictions compétentes afin de consolider la crédibilité de la lutte contre l’impunité économique en République démocratique du Congo.
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