À Kinshasa, le gouvernement congolais a esquissé les contours de sa politique culturelle pour l’année 2026. Réunis autour de la ministre de la Culture, Yolande Elebe, les cadres du ministère ont pris connaissance des grandes orientations qui devront guider l’action publique dans un secteur que les autorités entendent désormais inscrire au cœur de leur stratégie de rayonnement international.
C’est lors d’une cérémonie d’échange de vœux organisée dans la capitale que la ministre a détaillé les axes prioritaires appelés à structurer l’action gouvernementale au cours des prochains mois. Une feuille de route présentée comme étant en cohérence avec la vision du président Félix Tshisekedi et les orientations du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa.
Parmi les chantiers annoncés figure d’abord la modernisation administrative du secteur culturel, notamment à travers la numérisation des services du ministère. L’objectif affiché est de rationaliser la gestion des politiques culturelles et de faciliter l’accès des artistes et des opérateurs culturels aux dispositifs publics.
Autre priorité : le développement du Centre national de cinématographie, présenté comme un levier essentiel pour structurer l’industrie audiovisuelle congolaise. Dans un pays dont la créativité artistique jouit déjà d’une reconnaissance régionale, les autorités souhaitent désormais renforcer les infrastructures et les mécanismes de soutien destinés à accompagner la production cinématographique.
Le gouvernement entend également renforcer la présence internationale de la culture congolaise. Dans cette perspective, plusieurs projets sont à l’étude, parmi lesquels la création d’une Maison de la culture congolaise à Paris. Ce projet, encore en phase de conception, ambitionne de constituer une vitrine permanente du patrimoine artistique et culturel de la République démocratique du Congo en Europe.
Devant les agents du ministère, Yolande Elebe a insisté sur la nécessité de faire de la culture un véritable levier de développement.
« Il est essentiel que chaque acteur contribue activement à la valorisation de notre patrimoine, qui constitue l’un des piliers de notre identité nationale », a-t-elle déclaré.
La ministre a également appelé à un renforcement de l’efficacité administrative au sein des services culturels afin de mieux accompagner les artistes et les institutions culturelles.
Au-delà des perspectives pour 2026, Yolande Elebe a dressé un bilan de l’année écoulée. Selon elle, 2025 a marqué une étape importante dans la structuration du secteur culturel congolais.
Parmi les avancées citées figure l’adoption de la politique culturelle nationale, un document stratégique destiné à orienter les politiques publiques dans ce domaine.
Le gouvernement a également procédé à la reconnaissance juridique du statut de l’artiste, une réforme longtemps attendue par les acteurs du secteur. Cette mesure vise à offrir un cadre légal plus protecteur aux créateurs et à reconnaître pleinement leur contribution à la vie économique et culturelle du pays.
Autre initiative mise en avant : la mise en place d’un dispositif de couverture santé destiné aux artistes et aux professionnels de la culture. Ce programme, présenté comme une première dans le pays, vise à améliorer les conditions sociales des créateurs.
Selon le ministère, ces différentes réformes ont contribué à renforcer la coopération culturelle avec plusieurs partenaires internationaux tout en améliorant l’environnement professionnel des artistes congolais.
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