La République démocratique du Congo enregistre une progression notable de l’accès à Internet, avec près de 36 millions d’abonnés et un taux de pénétration estimé à 45 %. Pourtant, derrière ces chiffres en hausse, les usages restent largement orientés vers les réseaux sociaux, au détriment des services numériques à forte valeur ajoutée. C’est le constat dressé par le ministre de l’Économie numérique, qui souligne à la fois les avancées et les défis persistants.
La République démocratique du Congo poursuit sa transition numérique, portée par une expansion rapide de l’accès à Internet. Selon les données communiquées par le ministre de l’Économie numérique, le pays compte désormais environ 36 millions d’abonnés à Internet, soit près de 32 % de la population.
Ce chiffre témoigne d’une progression significative de la connectivité dans un pays longtemps confronté à des défis d’infrastructures et d’accès. Le taux de pénétration d’Internet est aujourd’hui estimé à 45 %, traduisant une dynamique d’adoption en constante évolution, notamment dans les centres urbains.
« L’économie numérique est véritablement en train de prendre sa place en RDC », s’est réjoui le ministre, mettant en avant les transformations en cours dans les usages et les services liés aux technologies de l’information.
Parmi les indicateurs les plus marquants figure le nombre d’utilisateurs du haut débit. Près de 20 millions de Congolais accèdent désormais à un Internet à plus grande capacité, permettant une meilleure qualité de connexion et l’accès à des contenus plus diversifiés.
Cependant, derrière cette progression quantitative, les usages restent encore concentrés sur des fonctions limitées. La majorité des internautes congolais utilise principalement Internet pour accéder aux réseaux sociaux, au détriment d’autres services numériques tels que l’e-administration, le commerce en ligne ou les plateformes éducatives.
Ce déséquilibre souligne un défi structurel : celui de transformer l’accès en véritable levier de développement économique et social. L’enjeu ne réside plus uniquement dans la connexion, mais dans la diversification des usages et l’intégration des outils numériques dans les activités productives.
Dans ce paysage, le mobile money apparaît comme un moteur clé de l’inclusion financière. La RDC compte environ 34 millions de comptes actifs de mobile money, un chiffre qui dépasse largement celui des comptes bancaires traditionnels. Cette évolution illustre l’adoption rapide des solutions numériques dans le domaine des services financiers.
Le développement du mobile money s’explique notamment par sa simplicité d’utilisation et son accessibilité, y compris dans les zones peu desservies par le réseau bancaire classique. Il constitue aujourd’hui un levier important pour les transactions quotidiennes et les échanges économiques.
Pour les autorités, le défi consiste désormais à capitaliser sur cette base d’utilisateurs pour développer un écosystème numérique plus diversifié. Cela implique des investissements dans les infrastructures, mais aussi dans la formation, l’innovation et la régulation.
La transformation numérique de la RDC se joue ainsi à plusieurs niveaux : accès, qualité de connexion, diversité des usages et intégration dans l’économie formelle. Si les indicateurs actuels traduisent une avancée réelle, ils mettent également en lumière les marges de progression.
À mesure que l’économie numérique s’installe, la question centrale devient celle de sa capacité à générer de la valeur, à créer des emplois et à améliorer les services publics. Pour la RDC, l’enjeu est désormais de passer d’une connectivité en expansion à une véritable économie numérique structurée et inclusive.
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