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10 octobre, 2026 - 21:08:13
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Les bâtisseurs invisibles du savoir : réhabiliter les chercheurs congolais au cœur de l’enseignement [Tribune du Prof. Bobo B. Kabungu]

Chaque 30 avril, la République démocratique du Congo célèbre la Journée de l’enseignement. Dans les écoles, les élèves chantent, les enseignants sont applaudis, et la nation rend hommage à celles et ceux qui transmettent le savoir. Mais dans cette célébration, une figure essentielle demeure dans l’ombre : celle du chercheur. Et pourtant, sans chercheurs, que transmettrait-on vraiment ?

Derrière chaque programme scolaire révisé, chaque réforme universitaire, chaque innovation pédagogique, il y a des femmes et des hommes qui observent, expérimentent, analysent et proposent. Leur travail ne se voit pas toujours. Il ne s’applaudit pas sur une estrade. Mais il façonne silencieusement l’avenir de l’éducation congolaise.

Ce que l’on ne célèbre pas (assez)

L’enseignement est souvent perçu comme un acte de transmission directe : un enseignant, un tableau, des élèves. Cette image, bien que réelle, est incomplète. Elle oublie que les contenus enseignés, les méthodes utilisées et même les outils pédagogiques sont le fruit d’un long processus de recherche.

Comme le rappellent Henderson et Dancy (2006), les innovations pédagogiques ne naissent pas spontanément dans les salles de classe ; elles émergent de travaux scientifiques rigoureux, souvent invisibles pour le grand public. Pourtant, en RDC, cette dimension reste marginalisée dans la perception collective.

Ce décalage crée un paradoxe : le système éducatif dépend profondément de la recherche, mais il valorise peu ceux qui la produisent.

Des amphithéâtres aux laboratoires : une même chaîne du savoir

La question dépasse largement l’enseignement primaire et secondaire. Elle concerne tout autant — sinon davantage — l’enseignement supérieur et universitaire.

Dans les universités congolaises, les enseignants sont aussi des chercheurs. Ils produisent des connaissances, encadrent des mémoires, publient des articles et contribuent à la réflexion nationale. Pourtant, leurs conditions de recherche restent souvent prÃ