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13 mai, 2026 - 18:38:44
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[Finances publiques en RDC] L’IGF engage sa mutation vers un contrôle systémique avec le plan stratégique 2026-2028 

Rompre avec les contrôles ponctuels pour instaurer une surveillance continue et anticipative des finances publiques : tel est le cap fixé par l’Inspection générale des finances. Porté par son chef de service, Christophe Bitasimwa, le plan stratégique triennal 2026-2028 marque un tournant en introduisant le contrôle systémique, fondé sur la maîtrise des données et l’analyse en amont des flux économiques. Adossée au soutien du président de la République, cette réforme vise à transformer l’IGF en un véritable organe d’intelligence financière, au cœur de la gouvernance publique et de la transparence en RDC.

L’Inspection générale des finances (IGF) amorce une transformation d’ampleur. Organe supérieur de contrôle des finances publiques placé sous l’autorité directe du président de la République, l’institution entend redéfinir ses méthodes et son rôle à travers un plan stratégique triennal couvrant la période 2026-2028. Dans une interview, son chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, en expose les fondements et les ambitions, assumant une rupture avec les pratiques traditionnelles jugées désormais insuffisantes.

Avant l’élaboration de ce plan, la direction de l’IGF a conduit une analyse interne approfondie, de type SWOT, sans concession. Cet exercice a permis d’identifier à la fois les atouts et les faiblesses de l’institution. Parmi les forces, Christophe Bitasimwa souligne « le soutien constant du Chef de l’État aux actions de contrôle », un appui politique considéré comme déterminant dans la consolidation du rôle de l’IGF.

Mais le diagnostic met également en lumière les limites des mécanismes actuels. L’IGF s’appuie historiquement sur trois formes de contrôle : a priori, a posteriori et concomitant. Des approches qui, selon le chef de service, peinent à produire des effets durables. « Ce sont des contrôles ponctuels, coûteux et souvent inefficaces dans la durée », reconnaît-il. À ces contraintes s’ajoutent des faiblesses structurelles : faible digitalisation, absence de bases de données intégrées et dépendance aux informations transmises par les entités contrôlées.

Face à ces défis, l’institution opère un changement de paradigme en introduisant le contrôle systémique. Cette nouvelle approche vise à dépasser la simple vérification d’actes isolés pour appréhender l’ensemble des mécanismes qui structurent les finances publiques. « Les finances publiques sont issues de la richesse nationale. Sans contrôle des flux économiques, aucun contrôle efficace n’est possible », explique Christophe Bitasimwa Bahii.

Le cœur de cette réforme repose sur la maîtrise de l’information. Il s’agit désormais de collecter, traiter et analyser les données en amont afin d’anticiper les irrégularités, plutôt que de les constater a posteriori. « Nous devons cesser de dépendre des données fournies par les entités contrôlées. Il faut maîtriser l’information pour mieux contrôler », insiste-t-il. L’ambition affichée est claire : faire de l’IGF un organe d’intelligence financière capable de surveiller en temps réel les flux publics.

Le plan stratégique prévoit une mise en œuvre progressive de cette transformation. Des projets pilotes seront déployés, accompagnés d’un renforcement des capacités techniques, notamment dans le domaine du numérique. L’objectif est d’atteindre, à l’horizon 2028, un niveau de maturité permettant un contrôle systémique pleinement opérationnel, sans interrompre les missions actuelles de l’institution. « Nous allons évoluer progressivement, en améliorant nos méthodes jusqu’à leur pleine efficacité », précise le chef de service.

Christophe Bitasimwa rappelle toutefois que l’IGF conserve sa nature d’organe de contrôle externe. Ses interventions restent ponctuelles, tandis que le suivi permanent relève des services d’audit interne des institutions publiques. Cette complémentarité est, selon lui, essentielle pour garantir une surveillance continue et cohérente des finances publiques.

Au-delà d’une réforme technique, la transformation engagée redéfinit le positionnement même de l’IGF. Loin de se limiter à un rôle de vérification, l’institution ambitionne désormais de devenir un acteur stratégique de la gouvernance publique. En s’appuyant sur la technologie, l’analyse des données et l’anticipation des risques, elle entend renforcer durablement la transparence et l’efficacité dans la gestion des ressources de l’État.

Avec ce plan stratégique 2026-2028, l’Inspection générale des finances pose ainsi les bases d’un nouveau modèle de contrôle, plus intégré, plus réactif et résolument tourné vers la prévention des dérives financières.

Infos27

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