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16 juillet, 2026 - 04:00:00
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Constitution en RDC : l’opposition prise au piège de ses contradictions

À entendre certains responsables de l’opposition, la Constitution serait devenue, du jour au lendemain, un sanctuaire intouchable. Depuis que le président Félix Tshisekedi a évoqué la possibilité d’en revisiter certaines dispositions, les indignations se sont multipliées, souvent au nom de la défense de l’article 220. Mais derrière cette mobilisation apparente se dessine une réalité plus trouble : celle d’une défense sélective du texte fondamental. Car enfin, peut-on brandir la Constitution comme une ligne rouge absolue tout en fermant les yeux sur des discours ou des alliances qui en fragilisent les fondements mêmes ? La République démocratique du Congo est définie comme un État unitaire décentralisé, et cette architecture n’est pas négociable. Pourtant, certaines prises de position ambiguës sur le fédéralisme ou la rébellion dans l’Est semblent susciter bien moins d’indignation. Cette dissonance affaiblit le discours de ceux qui se présentent aujourd’hui comme les gardiens du temple. La Constitution ne se défend pas à la carte. Elle impose une cohérence, une rigueur, une fidélité à l’ensemble de ses principes, et non à ceux qui servent des intérêts politiques du moment. 

Ci-dessous l’article tiré d’Exclusif RDC

Les contradictions explosives de l’opposition politique

Kabila, Katumbi, Nangaa utilisent la constitution comme un bouclier circonstancie

La possibilité évoquée par le président Félix Tshisekedi de revisiter certaines dispositions de la Constitution continue de provoquer une onde de choc dans la classe politique congolaise. Mais au-delà du tollé suscité par cette perspective, une autre lecture émerge : celle des contradictions d’une opposition accusée de défendre la Constitution à géométrie variable. Depuis la conférence de presse du chef de l’État, le mercredi dernier, les réactions se multiplient dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les états-majors politiques. Opposants, activistes et figures de la société civile se présentent en remparts contre toute tentative de modification constitutionnelle, particulièrement autour de l’article 220 qui verrouille la limitation des mandats présidentiels.

La ligne rouge est claire 

Pour beaucoup, la ligne rouge est claire : pas question d’ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel. Mais dans les cercles proches du pouvoir, cette mobilisation sélective interroge. Car, soutiennent plusieurs analystes et cadres de la majorité, le respect de la Constitution ne peut être invoqué uniquement lorsqu’il s’agit d’empêcher un prolongement du pouvoir présidentiel, tout en fermant les yeux sur d’autres positions jugées contraires à l’esprit fondamental du texte constitutionnel. Au centre des critiques : les discours de certains opposants accusés d’ambiguïté face à la rébellion de l’AFC/M23 et aux projets de fédéralisme défendus par certaines figures politiques. Des déclarations attribuées à Corneille Nangaa, ancien président de la CENI devenu chef politico-militaire de l’AFC/M23, ont récemment ravivé la controverse. L’ancien patron de la centrale électorale défend ouvertement une refonte profonde de l’organisation de l’État, avec des accents fédéralistes qui heurtent frontalement la Constitution congolaise.

La RDC définie comme état unitaire décentralisé

Or, rappelle-t-on dans les milieux institutionnels, la République démocratique du Congo est définie par la Constitution comme un État unitaire fortement décentralisé. Cette forme de l’État fait partie des dispositions dites “intangibles”, au même titre que la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le paradoxe, selon plusieurs observateurs, réside donc dans le fait que certains acteurs politiques dénoncent avec vigueur toute réflexion sur l’article 220, tout en restant silencieux voire conciliants face à des propositions perçues comme une remise en cause directe de l’architecture constitutionnelle du pays. Le nom de Moïse Katumbi revient également dans ce débat, certains de ses détracteurs l’accusant d’avoir laissé prospérer des discours favorables au fédéralisme ou à une lecture accommodante des revendications rebelles dans l’Est du pays. L’ancien président Joseph Kabila est lui aussi cité dans cette controverse. Ses prises de position passées, interprétées par certains comme une reconnaissance implicite de la “légitimité” de certaines revendications rebelles, alimentent aujourd’hui les accusations de duplicité politique. Pour les partisans d’une lecture stricte de la Constitution, la cohérence devrait être totale : condamner toute tentative de modification de l’article 220, mais aussi rejeter toute forme de soutien à une rébellion armée ou à des projets susceptibles de fragmenter l’État. Dans ce climat déjà surchauffé par la guerre dans l’Est et les tensions politiques à Kinshasa, la question constitutionnelle apparaît plus que jamais comme une arme politique majeure à l’approche des prochaines échéances électorales. Derrière le débat juridique, c’est désormais une bataille de crédibilité qui se joue : qui défend réellement la Constitution dans son intégralité, et qui ne s’en sert que comme d’un bouclier politique circonstanciel ?

Exclusif RDC

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