Le gouvernement congolais enregistre un signal encourageant sur le marché financier intérieur. À travers une première adjudication des Obligations du Trésor largement sursouscrite, le ministère des Finances a mobilisé 86,6 millions de dollars américains pour une offre initiale de 70 millions USD. Derrière cette opération, les autorités mettent en avant une confiance retrouvée des investisseurs, la stabilité du cadre macroéconomique et l’effet positif du retour de la RDC sur les marchés internationaux des capitaux. Kinshasa veut désormais consolider ses capacités de financement interne tout en réduisant progressivement le coût de la dette publique.
Le gouvernement congolais relance progressivement sa machine de financement interne. Dans un communiqué officiel publié mardi 12 mai 2026, le ministère des Finances a annoncé le succès de la première adjudication des Obligations du Trésor après la reprise des opérations d’émission sur le marché intérieur, une séquence que les autorités présentent comme un indicateur de confiance des investisseurs envers l’économie congolaise.
Signé par le directeur de cabinet du ministre des Finances, Alain Malata Kafunda, le document précise que cette opération portait sur des Obligations du Trésor libellées en dollar américain, avec une maturité de deux ans. L’État congolais avait proposé une enveloppe de 70 millions USD à un taux d’intérêt annuel fixé à 8 %.
Selon les chiffres communiqués par le ministère, les souscriptions ont finalement atteint 86,6 millions de dollars américains, soit un taux de couverture de 123,7 %. Une performance qui dépasse les attentes initiales des autorités financières.
« La première adjudication des Obligations du Trésor libellées en dollar américain de 2 ans s’est déroulée avec succès ce mardi 12 mai 2026 », souligne le communiqué officiel.
Le ministère des Finances considère cette forte mobilisation comme le reflet d’un regain de crédibilité de la signature souveraine congolaise sur le marché local. Pour les autorités, cette dynamique s’explique notamment par l’amélioration progressive des indicateurs macroéconomiques ainsi que par l’entrée récente de la République démocratique du Congo sur les marchés internationaux des capitaux à travers l’émission de son premier Eurobond.
Le communiqué insiste également sur les conditions jugées plus favorables de cette nouvelle opération. Les autorités mettent en avant un allongement de la maturité des titres, passée de « 1 an et 6 mois à 2 ans », mais aussi une baisse du taux d’intérêt de « 9 % à 8 % ».
« Ces résultats positifs reflètent les effets de l’entrée réussie de la République démocratique du Congo sur les marchés internationaux des capitaux et de la stabilité du cadre macroéconomique », note le ministère.
Au-delà des chiffres, cette adjudication marque surtout la volonté du gouvernement de renforcer les mécanismes de financement du budget de l’État à travers le marché domestique, tout en réduisant progressivement la dépendance aux financements extérieurs concessionnels.
Depuis plusieurs années, les autorités congolaises cherchent à structurer davantage le marché des titres publics afin d’élargir la base des investisseurs et de mobiliser des ressources internes capables d’accompagner les dépenses publiques, notamment dans les secteurs des infrastructures, de la sécurité et des services sociaux.
Le ministère des Finances a d’ailleurs salué la participation active des banques commerciales et des autres investisseurs ayant pris part à cette opération financière. Dans son communiqué, il rappelle également que le marché des Bons et Obligations du Trésor reste accessible aussi bien aux investisseurs bancaires qu’aux acteurs non bancaires.
« Les investisseurs non bancaires peuvent participer aux adjudications des Bons du Trésor et/ou des Obligations du Trésor au travers de leurs banques teneuses de comptes conservateurs », précise le texte.
Avec cette adjudication réussie, Kinshasa cherche désormais à consolider la confiance des marchés et à inscrire durablement les émissions des titres publics dans la stratégie de financement de l’État. Pour les autorités financières, l’objectif est clair : bâtir un marché intérieur plus profond, plus attractif et capable de soutenir les ambitions économiques du pays dans un contexte régional et international encore marqué par de fortes incertitudes.
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