L’alerte lancée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) résonne comme un cri d’urgence : l’Est de la République démocratique du Congo est aujourd’hui le théâtre d’une « collision catastrophique » entre maladie et conflit armé.
Alors que l’épidémie d’Ebola progresse dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les violences et l’instabilité compromettent gravement la riposte sanitaire.
Les déplacements massifs de populations, les attaques contre les structures médicales et l’insécurité persistante empêchent les équipes de santé de suivre efficacement les contacts et d’isoler les personnes infectées. Dans ce contexte, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom, appelle à un cessez-le-feu immédiat afin de garantir un accès humanitaire sécurisé aux équipes médicales.
Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est la nature de la souche en circulation : le virus Ebola de type Bundibugyo, rare et redoutable, pour lequel il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé. L’OMS a d’ailleurs classé cette flambée comme une urgence de santé publique de portée internationale, soulignant la gravité de la menace.
Pourtant, au cœur de cette crise, un motif d’espoir subsiste. La RDC, confrontée à sa 17e épidémie d’Ebola, possède une expertise reconnue et une expérience éprouvée dans la lutte contre ce virus. Les équipes congolaises ont démontré à maintes reprises leur capacité à contenir la propagation, malgré des conditions souvent extrêmes.
Cet éditorial est un appel à la responsabilité collective : la santé ne peut être sacrifiée sur l’autel des conflits. La RDC doit être soutenue, protégée et accompagnée, car c’est toute l’humanité qui est concernée par cette bataille contre Ebola.
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