La culture ne doit plus être considérée comme un simple secteur d’expression artistique ou de prestige institutionnel en République démocratique du Congo. À Kinshasa, lors d’une séance académique organisée par le Conseil économique et social, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a défendu une vision stratégique de la politique culturelle nationale, présentée comme un instrument de souveraineté, de cohésion sociale et de croissance économique.
La place de la culture dans le développement de la République démocratique du Congo a été au centre d’une séance académique organisée à Kinshasa par le Conseil économique et social de la RDC. Invitée à développer le thème : « La politique culturelle de la République démocratique du Congo comme contribution au développement national », la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a présenté la vision du gouvernement sur le rôle stratégique du secteur culturel dans la transformation du pays.
Selon un communiqué officiel parvenu jeudi à l’ACP, cette rencontre a permis d’ouvrir un espace de réflexion sur la contribution de la culture à la construction nationale, à la consolidation de la cohésion sociale ainsi qu’au développement économique.
Au cours de son intervention, la ministre a défendu une approche qui place désormais la culture au cœur des politiques publiques. « La culture congolaise est un instrument de souveraineté, facteur de cohésion sociale, moteur de croissance économique et levier de rayonnement international », a indiqué le communiqué reprenant les grandes lignes de son exposé.
Une vision stratégique de la culture
Face aux membres du Conseil économique et social, aux universitaires ainsi qu’aux acteurs du monde culturel présents à cette séance académique, Yolande Elebe Ma Ndembo a insisté sur la nécessité de considérer le patrimoine culturel congolais comme une ressource stratégique capable d’accompagner le développement du pays.
Cette vision s’inscrit dans une dynamique de valorisation des industries culturelles et créatives, souvent présentées par les autorités comme un secteur à fort potentiel économique et social. Musique, arts visuels, cinéma, littérature, patrimoine historique et traditions locales constituent, selon les autorités culturelles, des outils susceptibles de renforcer l’identité nationale tout en créant des emplois et des opportunités économiques pour la jeunesse.
À travers cette réflexion, les autorités entendent également repositionner la culture congolaise sur la scène régionale et internationale, dans un contexte marqué par la compétition des influences culturelles et la mondialisation des contenus numériques.
Le ministère souligne que la séance académique a permis de rappeler le rôle de la culture dans la consolidation de l’unité nationale et la préservation de la souveraineté culturelle de la RDC.
« Le Conseil économique et social a ouvert un espace de réflexion majeure sur la place de la culture dans le projet national », précise le texte, avant d’ajouter que la politique culturelle congolaise « n’est pas une politique d’accompagnement ou de prestige, mais un levier stratégique de développement national à part entière ».
Cette orientation traduit la volonté des autorités de dépasser une vision strictement événementielle ou symbolique de la culture pour en faire un outil structurant des politiques économiques, éducatives et sociales.
Cette séance intervient dans un contexte où plusieurs voix plaident pour un renforcement des investissements publics dans le secteur culturel congolais, confronté depuis plusieurs années à des difficultés de financement, d’encadrement et d’infrastructures.
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