Vingt jours après la déclaration de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo, les autorités sanitaires congolaises affichent un optimisme prudent. Le taux de traçage des cas contacts est passé de 9 % à 55,5 %, tandis que l’objectif est désormais fixé à 90 %. Pour le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, cette progression constitue l’un des indicateurs les plus encourageants de la riposte en cours. Alors que 381 cas confirmés et 63 décès ont été enregistrés, l’épidémie demeure circonscrite à l’Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Le gouvernement met en avant le renforcement du dépistage, l’extension du réseau de laboratoires et l’amélioration de la surveillance épidémiologique pour freiner durablement la transmission du virus.
Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo, le gouvernement congolais mise désormais sur l’intensification du traçage des cas contacts pour accélérer le contrôle de la maladie. Lors d’un briefing conjoint animé par les ministres de la Santé publique et de la Communication, les autorités ont présenté des indicateurs jugés encourageants quant à l’évolution de la riposte.
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a annoncé que le taux de traçage des personnes ayant été en contact avec des malades confirmés a atteint 55,5 %, contre seulement 9 % au début de l’épidémie.
« Aujourd’hui, nous avons atteint 55,5 % de traçage. Notre objectif est désormais d’atteindre 90 %. Cela nous permettra d’anticiper davantage l’apparition de nouveaux cas et de mieux contrôler la propagation de la maladie », a-t-il déclaré.
Dans la stratégie de lutte contre Ebola, le traçage constitue un maillon essentiel. Il permet d’identifier rapidement les personnes exposées au virus, d’assurer leur surveillance quotidienne et d’intervenir sans délai en cas d’apparition de symptômes. Les contacts considérés comme étant à très haut risque font l’objet d’un suivi renforcé pouvant aller jusqu’à l’isolement préventif.
Pour les autorités sanitaires, cette progression traduit une amélioration significative des capacités opérationnelles déployées sur le terrain. « Cette progression est importante parce qu’elle nous permet d’identifier rapidement les personnes exposées, de les surveiller étroitement et d’intervenir sans délai », a souligné le ministre.
Une épidémie toujours limitée à trois provinces
Au-delà des performances du système de surveillance, le gouvernement insiste sur un autre indicateur jugé rassurant : l’absence de propagation vers de nouvelles provinces.
« Il n’y a pas de cas d’Ebola ailleurs. Je le répète parce que de nombreuses rumeurs circulent sur les réseaux sociaux. En dehors de ces trois provinces, aucun cas n’a été enregistré », a affirmé Samuel Roger Kamba.
Selon les données présentées, l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie avec près de 95 % des cas recensés. Le Nord-Kivu compte 19 cas confirmés et le Sud-Kivu trois cas. Au total, 25 zones de santé sont touchées, dont 17 en Ituri, sept au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu.
Pour le ministre, cette concentration géographique des cas témoigne de l’efficacité progressive des mesures de riposte. « Il est clair que l’épidémie est en phase d’être contenue dans les trois provinces concernées », a-t-il affirmé.
Des chiffres mieux maîtrisés grâce au dépistage
Les autorités sanitaires soulignent également les avancées réalisées dans le diagnostic. Alors que les premières semaines de l’épidémie étaient marquées par un grand nombre de cas suspects, les capacités actuelles permettent désormais d’obtenir des données plus précises.
« Au début de la riposte, nous faisions état d’environ 1.000 cas suspects. Désormais, grâce au renforcement des capacités de dépistage, nous sommes en mesure de communiquer des données précises sur les cas effectivement confirmés », a expliqué le ministre.
À ce jour, la RDC totalise 381 cas confirmés, dont 63 décès, soit un taux de létalité inférieur à 17 %. Une performance que les autorités attribuent notamment aux caractéristiques de la souche Bundibugyo, réputée moins létale que la souche Zaïre.
Le gouvernement met également en avant l’installation de nouveaux laboratoires, notamment à Mongwalu en Ituri, ainsi que la disponibilité de plus de 4.000 kits de dépistage fournis avec l’appui de partenaires internationaux. Ces capacités permettent désormais d’analyser les échantillons en moins de vingt-quatre heures.
« Nous n’avons plus besoin de parler de grands volumes de cas suspects. Les personnes prélevées sont désormais confirmées ou infirmées dans la même journée », a assuré Samuel Roger Kamba.
Alors que 233 personnes demeurent hospitalisées dans différentes structures sanitaires du pays, les autorités considèrent que la combinaison du traçage, du dépistage rapide et de la surveillance communautaire constitue aujourd’hui la meilleure garantie pour interrompre les chaînes de transmission et contenir durablement l’épidémie.
Pour rappel, déclarée officiellement le 16 mai 2026, l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo touche principalement la province de l’Ituri, avec quelques cas enregistrés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Contrairement à la souche Zaïre, responsable des précédentes grandes flambées en RDC, la souche Bundibugyo présente un taux de létalité généralement moins élevé. Depuis le lancement de la riposte, le gouvernement, avec l’appui de l’African CDC, de l’Organisation mondiale de la santé et de la Banque mondiale, a renforcé les capacités de dépistage, multiplié les centres de traitement et intensifié la surveillance des cas contacts afin de limiter la propagation de la maladie.
Christian Kamba/Pitshou Mulumba

