La République démocratique du Congo veut reprendre le contrôle de son patrimoine géoscientifique. En mission de travail en Belgique, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a engagé des discussions avec les responsables des archives géologiques du sous-sol congolais ainsi qu’avec les partenaires belges et européens impliqués dans leur conservation et leur numérisation. Au cœur des échanges : la digitalisation des données, leur restitution progressive à la RDC et la mise en place d’une feuille de route destinée à renforcer la connaissance du potentiel minier national. Une démarche stratégique qui vise à doter les géoscientifiques congolais d’outils modernes pour orienter l’exploration, attirer les investissements et consolider la souveraineté du pays sur ses ressources naturelles.
La République démocratique du Congo a engagé une nouvelle étape dans le processus de récupération et de valorisation de ses données géoscientifiques. En mission officielle au Royaume de Belgique, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a tenu mardi une séance de travail avec les responsables des archives géologiques relatives au sous-sol congolais ainsi qu’avec les représentants du Royaume de Belgique et de l’Union européenne impliqués dans leur conservation, leur financement et leur digitalisation.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de renforcer la maîtrise des données stratégiques liées aux ressources naturelles du pays et de moderniser les outils de gouvernance du secteur minier.
Les échanges ont principalement porté sur l’élaboration d’une feuille de route opérationnelle destinée à organiser la digitalisation des archives géologiques et leur restitution progressive à la République démocratique du Congo.
Un patrimoine scientifique stratégique
Pour les autorités congolaises, les archives géologiques constituent un patrimoine scientifique d’une importance majeure.
Ces données renferment des informations essentielles sur la composition du sous-sol national, les formations géologiques, les ressources minérales connues ainsi que les résultats de plusieurs décennies de recherches et d’exploration.
Leur exploitation est considérée comme indispensable pour améliorer la connaissance géologique du territoire et soutenir les politiques publiques liées à l’exploitation des ressources naturelles.
Les responsables congolais estiment que l’accès à des données fiables et de qualité permettra aux géoscientifiques nationaux de renforcer leurs capacités d’analyse, d’orienter plus efficacement les programmes d’exploration et de faciliter l’identification de nouveaux gisements miniers.
Dans un contexte de transition énergétique mondiale et de forte demande en minerais stratégiques, ces informations revêtent également une dimension économique majeure.
La digitalisation au cœur du processus
L’un des principaux axes abordés lors de la réunion concerne la transformation numérique des archives géologiques.
Les parties prenantes ont examiné les modalités techniques devant permettre la numérisation progressive des documents, cartes, études et rapports relatifs au sous-sol congolais.
Cette opération vise non seulement à préserver ces données historiques, mais aussi à les rendre plus accessibles aux chercheurs, aux institutions publiques et aux investisseurs.
Selon les participants, la digitalisation contribuera à améliorer la gestion de l’information géologique et à moderniser les outils utilisés par les services spécialisés de l’État.
Les discussions ont également permis d’aborder les mécanismes de coopération nécessaires à la réussite de cette opération, avec l’appui des partenaires européens engagés dans le financement et l’accompagnement du projet.
PANAFGEO+, un levier de modernisation
Les travaux ont également porté sur le projet PANAFGEO+, lancé à Kinshasa en mars 2026.
Cette initiative continentale vise à renforcer les capacités des services géologiques africains à travers la modernisation des outils techniques, la digitalisation des données et le partage d’expertise entre les institutions spécialisées.
Pour la RDC, ce programme constitue un levier important dans le processus de modernisation du secteur minier et de renforcement des compétences nationales.
Les participants ont souligné la complémentarité entre PANAFGEO+ et le projet de restitution des archives géologiques, les deux démarches poursuivant le même objectif de consolidation des capacités techniques et scientifiques.
Une task force pour assurer le suivi
À l’issue des échanges, les différentes parties ont convenu de l’élaboration d’une feuille de route détaillée ainsi que de la mise en place d’une task force chargée d’assurer le suivi et la mise en œuvre progressive des actions prioritaires.
Cette structure aura notamment pour mission de coordonner les aspects techniques, institutionnels et opérationnels liés à la digitalisation et à la restitution des données géologiques.
La délégation congolaise a également effectué une visite des archives géologiques et de la cartothèque du Musée royal de l’Afrique centrale.
À cette occasion, les responsables du musée ont remis au ministre des Mines une carte historique de la République démocratique du Congo datant de 1952, en signe de reconnaissance et de coopération institutionnelle.
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