Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de suspendre le prophète Jules Mulindwa de toute apparition dans les médias opérant en République démocratique du Congo pour une durée de 60 jours. L’organe de régulation reproche au prédicateur des déclarations diffusées dans une vidéo devenue virale, contenant notamment des propos jugés injurieux, diffamatoires et assimilables à une apologie du crime.
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a prononcé une suspension de 60 jours à l’encontre du prophète Jules Mulindwa, lui interdisant toute apparition dans les médias opérant en République démocratique du Congo. La mesure a été prise à l’issue de la 31ème réunion extraordinaire de l’instance de régulation tenue à Kinshasa.
Selon la décision rendue publique par le CSAC, cette sanction conservatoire fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle le responsable religieux tient des propos considérés comme contraires aux dispositions légales régissant la presse, l’information et la communication en RDC.
Dans son communiqué, le régulateur des médias estime que les déclarations incriminées comportent plusieurs éléments susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et aux principes encadrant l’expression publique.
Le CSAC affirme notamment avoir relevé « des propos injurieux et diffamatoires » ainsi que des déclarations pouvant être assimilées à « une apologie du crime par provocation directe à l’assassinat ».
L’institution considère que de tels propos dépassent le cadre de la liberté d’expression et sont incompatibles avec les obligations de responsabilité imposées aux intervenants médiatiques.
La suspension vise ainsi à empêcher toute diffusion ou retransmission des interventions du prédicateur sur les chaînes de télévision, stations de radio et autres médias relevant de la compétence du régulateur pendant la période fixée.
La décision du CSAC intervient après la large circulation, depuis le début de la semaine, d’une séquence vidéo attribuée à Jules Mulindwa.
Dans cette intervention, le prédicateur a notamment déclaré que l’éventuel assassinat de membres de la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) par le Président Félix Tshisekedi, dans l’objectif de consolider son pouvoir, ne constituerait pas un péché devant Dieu.
Ces propos ont rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques, plusieurs observateurs dénonçant des déclarations susceptibles d’encourager la violence dans un contexte politique déjà marqué par de fortes tensions autour du débat institutionnel.
Depuis plusieurs semaines, des organisations de défense des droits humains réclamaient une intervention des autorités face aux sorties médiatiques du leader religieux.
Ces organisations reprochent notamment à Jules Mulindwa un discours récurrent à l’encontre de responsables et militants de l’opposition. Elles estiment que certaines de ses déclarations contribuent à alimenter la stigmatisation et l’intolérance dans l’espace public.
Récemment encore, le prédicateur avait qualifié de « sorciers » plusieurs opposants au régime, leur attribuant cette qualification en raison de leur opposition aux politiques menées par le Président Félix Tshisekedi.
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