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25 juin, 2026 - 23:13:33
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« Nous sommes un pays en guerre » : Olivier Katuala propose une refonte constitutionnelle axée sur la sécurité

Alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de saigner sous l’effet d’agressions répétées et d’une insécurité chronique qui perdure depuis plusieurs décennies, le député national Olivier Kasanda Katuala, élu de la circonscription de Lukunga et figure influente de la majorité au pouvoir, lance un appel fort en faveur d’une refonte profonde de la Constitution. Pour cet élu, le débat sur la réforme constitutionnelle ne peut plus se limiter à des ajustements superficiels ni à la modification de quelques dispositions révisables. Il doit désormais tenir compte d’une réalité qu’il juge brutale et incontournable : la RDC est aujourd’hui un pays en guerre, confronté à des défis sécuritaires, institutionnels et géopolitiques qui exigent un cadre constitutionnel capable de répondre efficacement aux impératifs de souveraineté, de défense nationale et de préservation de l’intégrité territoriale.

La nécessité d’adapter l’architecture institutionnelle de la République aux impératifs de sécurité et de développement constitue l’un des principaux arguments avancés en faveur d’une réforme constitutionnelle en RDC, par le député national Olivier Kasanda Katuala. Selon son approche, tant que la Loi fondamentale ne prendra pas pleinement en compte la réalité d’un pays confronté à la guerre et à des défis sécuritaires persistants, les institutions risquent de demeurer insuffisamment armées pour répondre aux enjeux majeurs de souveraineté nationale. Dans cette perspective, l’élu de la Lukunga plaide pour une révision des dispositions intangibles de l’article 220 de la Constitution afin de permettre une réorganisation institutionnelle orientée vers deux priorités stratégiques : la sécurisation du territoire national et l’accélération du développement à travers une concentration accrue des ressources de l’État sur les secteurs jugés essentiels.

Un exécutif présidentiel renforcé face aux exigences de la guerre

Dans un pays confronté à des menaces sécuritaires permanentes, le député estime qu’il est devenu impossible de tolérer les blocages institutionnels et les dilutions de pouvoir. Il propose un système présidentiel nettement renforcé. Le Président de la République nommerait librement le Premier ministre, sans aucune obligation de tenir compte d’une majorité parlementaire. Ce dernier conduirait la politique gouvernementale sous les ordres directs du Chef de l’État, à qui il rendrait compte personnellement. Le Président dirigerait lui-même l’ensemble de l’équipe gouvernementale et nommerait les ministres. Cette réforme, argue Olivier Kasanda Katuala, permettrait une coordination plus fluide et une prise de décision plus rapide, indispensable pour mener efficacement la lutte contre l’insécurité dans l’Est, gérer les crises et orienter sans délai les moyens de l’État vers les priorités vitales. Dans un contexte de guerre, les grandes nations confrontées à des menaces existentielles ont toujours opté pour des exécutifs forts et unifiés. La RDC ne peut plus se permettre le luxe de systèmes qui ralentissent l’action publique au moment où la rapidité et la cohésion sont vitales pour la survie de la nation.

Rationaliser les scrutins pour rediriger les ressources vers la défense et le développement

L’un des points les plus audacieux de la proposition concerne la gouvernance locale et provinciale. Tout en maintenant le principe du suffrage universel direct pour l’élection du Président de la République et des députés nationaux, le député propose la suppression pure et simple des élections provinciales et locales. Les gouverneurs seraient nommés par le Président de la République, et les ministres provinciaux, maires et bourgmestres désignés par les gouverneurs concernés.

Cette mesure repose sur un argument budgétaire et sécuritaire clair : les scrutins locaux et provinciaux coûtent extrêmement cher et exposent le processus électoral à des risques élevés de corruption et de manipulation. En supprimant ces élections, des centaines de millions de dollars pourraient être économisés chaque cycle et réorientés vers la défense nationale, la sécurisation de l’Est, les infrastructures stratégiques et le bien-être des populations. Dans un pays en guerre, chaque franc dépensé doit servir directement à renforcer la souveraineté et à améliorer les conditions de vie des Congolais, plutôt qu’à alimenter un système électoral local coûteux et parfois source de tensions.

Des mandats plus longs pour garantir la stabilité et la planification à long terme

Le système actuel, avec ses mandats courts (5 ans) et ses cycles électoraux fréquents, génère selon le député une instabilité chronique préjudiciable à tout effort de long terme. Les seules élections de 2023 ont coûté près d’un milliard de dollars. Dans un pays en guerre, cette instabilité empêche toute planification sérieuse de la reconquête de la souveraineté et du développement rapide.

Olivier Kasanda Katuala propose donc d’allonger les mandats : sept ans renouvelables une seule fois, ou même un mandat unique de dix ans pour le Président de la République, les gouverneurs et les dirigeants territoriaux. Cette stabilité institutionnelle permettrait aux équipes dirigeantes de s’engager sur des projets structurants sur plusieurs années, de canaliser durablement les recettes publiques vers les priorités vitales (sécurité, infrastructures, santé, éducation) et d’éviter le gaspillage permanent lié aux campagnes électorales répétées.

Renforcer la justice pour lutter efficacement contre l’impunité

La réforme de la justice occupe également une place centrale dans la vision du député. Il propose d’élargir le Conseil supérieur de la magistrature en y intégrant le Président de la République et le Ministre de la Justice, à l’image de ce qui existait traditionnellement en France. Cette évolution viserait à améliorer la coordination entre les pouvoirs tout en préservant l’indépendance de la justice.

Dans un pays en guerre, l’impunité constitue un facteur majeur d’insécurité et de déstabilisation. Une justice plus efficace, plus rapide et plus implacable face aux crimes contre la nation et aux actes de trahison ou de collaboration avec les forces négatives est, selon lui, une arme stratégique indispensable. En renforçant les liens institutionnels au sein du CSM, on permettrait une meilleure gestion des ressources judiciaires et une lutte plus déterminée contre ceux qui nourrissent l’insécurité.

Structurer le pluralisme politique pour des institutions plus efficaces

Le député s’inquiète particulièrement de la fragmentation extrême du paysage politique congolais, avec près de 900 partis enregistrés. Cette prolifération, estime-t-il, paralyse les chambres parlementaires, affaiblit la capacité à former des majorités stables et complique la prise de décisions rapides et cohérentes, notamment face aux défis sécuritaires. Il propose d’instaurer des critères plus rigoureux pour la reconnaissance et le fonctionnement des partis politiques, inspirés des systèmes en vigueur en Allemagne, en France et en Belgique : un seuil électoral de 1 à 3 % pour chaque parti politique, une obligation d’implantation effective dans plusieurs provinces, un nombre minimal d’adhérents vérifiés et l’existence d’un programme politique national clair. Ces mesures favoriseraient l’émergence de formations politiques sérieuses, capables de structurer le débat et de soutenir durablement l’effort de guerre et les politiques de développement.

Rationaliser la gouvernance provinciale et renforcer le contrôle central

Au niveau provincial, Olivier Kasanda Katuala plaide pour la suppression des assemblées provinciales, qu’il juge budgétivores et peu efficaces. Les exécutifs provinciaux seraient allégés. Le contrôle rigoureux de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques serait assuré par des institutions centrales indépendantes, notamment l’Inspection Générale des Finances (IGF) et la Cour des Comptes, dotées de services déconcentrés sur l’ensemble du territoire. Ces structures exerceraient un contrôle permanent, indépendant et professionnel. Par ailleurs, les sénateurs seraient élus directement au suffrage universel dans chaque province, ce qui renforcerait leur légitimité populaire tout en maintenant une représentation territoriale équilibrée.

Une nécessité vitale pour l’avenir de la nation

En conclusion de son analyse, le député national Olivier Kasanda Katuala martèle une conviction forte : la refonte des principes de l’article 220 n’est pas un caprice politique ni une manœuvre partisane. C’est une nécessité vitale dictée par la situation de guerre que traverse le pays depuis trop longtemps. Toutes les réformes proposées convergent vers une seule finalité supérieure : sécuriser la nation, mettre fin aux agressions et à l’insécurité, et développer rapidement le Congo en orientant toutes les recettes publiques vers les secteurs prioritaires. Réduire les coûts des scrutins, renforcer la stabilité et la réactivité de l’exécutif, consolider l’efficacité de la justice, structurer un pluralisme politique responsable et rationaliser la gouvernance provinciale : autant de mesures qui doivent servir un objectif commun, celui de bâtir un État plus fort, plus sûr et plus prospère. Le peuple congolais, en tant que souverain, a le droit et le devoir de se doter d’une Constitution adaptée aux réalités et aux exigences de ce moment historique. C’est à cette condition, selon ce parlementaire, que la République démocratique du Congo pourra enfin tourner la page des décennies d’instabilité et d’agression pour entrer dans une ère de sécurité durable et de développement accéléré.

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