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6 juillet, 2026 - 18:39:45
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L’engagement politique des évêques de la CENCO mis en cause par une structure de la Société civile

La Convergence pour l’Émergence du Congo (C.E.C) ouvre un nouveau front dans le débat sur le rôle des institutions religieuses en République démocratique du Congo. Dans un réquisitoire rendu public, cette organisation estime que plusieurs prises de position récentes de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) traduisent une implication grandissante dans les affaires politiques nationales, au-delà de sa mission pastorale. S’appuyant sur le contexte de crise sécuritaire à l’Est, les discussions autour de l’avenir institutionnel du pays ainsi que sur l’Accord-cadre de 1977 entre le Saint-Siège et l’État congolais, la C.E.C appelle à une clarification des rapports entre l’Église et le pouvoir public. Son président, Jean-Louis Tshimbalanga, plaide pour un débat sur les limites de l’engagement politique des évêques, qu’il juge indispensable afin de préserver l’autorité morale de l’Église, la cohésion nationale et le respect de la séparation des compétences entre les institutions religieuses et l’État.

Convergence Pour l’Emergence du Congo (C.E.C) 

RÉQUISITOIRE SUR L’ENGAGEMENT POLITIQUE DE LA CENCO

La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), institution majeure de l’Église catholique en République démocratique du Congo, fait aujourd’hui l’objet de vives interrogations au sein de la société civile, concernant la nature de son rôle dans l’espace public national.

Dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante à l’Est du pays et une forte polarisation politique, plusieurs acteurs estiment que certaines prises de position publiques de cette institution traduisent une implication croissante dans les débats politiques internes.

À l’occasion de la commémoration du 30 juin, date de l’indépendance de la République démocratique du Congo, certaines initiatives et déclarations attribuées à des responsables de la CENCO ont été perçues par une partie de l’opinion comme relevant d’un positionnement politique, dans un contexte national déjà sensible.

Ces évolutions alimentent un débat de fond sur la frontière entre la mission pastorale de l’Église catholique, fondée sur l’accompagnement spirituel, la paix et la cohésion sociale, et son implication dans les dynamiques politiques nationales.

Dans le débat relatif à l’avenir institutionnel du pays, notamment sur la question du changement constitutionnel et de l’éventuelle transition vers une nouvelle République, certaines prises de position suscitent également des interprétations divergentes et contribuent à des tensions dans l’espace public. La doctrine sociale de l’Église catholique rappelle pourtant les principes fondamentaux de justice, de paix et d’unité, qui imposent une attention particulière à la préservation de la cohésion nationale dans les contextes de fragilité.

Les relations entre la République démocratique du Congo et le Saint-Siège sont encadrées par l’Accord-cadre signé en 1977 entre le Saint-Siège et l’État congolais (alors République du Zaïre). Ce cadre organise les relations Église – État, dans le respect de la souveraineté nationale et de la séparation des compétences. Cet accord encadre la mission pastorale, éducative et sociale de l’Église catholique, sans lui conférer de rôle dans la conduite des affaires politiques de l’État.

Il convient également de rappeler que cet accord ne confère aucune immunité diplomatique aux évêques ou aux responsables de la CENCO, lesquels demeurent soumis au droit commun de la République démocratique du Congo. Seuls les représentants diplomatiques officiellement accrédités du Saint-Siège relèvent du régime diplomatique international prévu par la Convention de Vienne.

Dans ce contexte, de nombreuses voix appellent à clarifier du rôle des institutions religieuses dans l’espace public congolais, afin de préserver leur autorité morale et leur fonction d’unité nationale. Il ne s’agit pas de remettre en cause la place de l’Église catholique dans la société congolaise, mais d’ouvrir un débat nécessaire sur les limites de l’engagement de ses évêques dans le champ politique.

Dans un pays marqué par des décennies de conflits, de souffrances et de fractures sociales, la responsabilité des acteurs influents est déterminante, celle de contribuer à l’apaisement et à la cohésion nationale, ou de risquer d’alimenter des dynamiques de division.

Jean-Louis Tshimbalanga

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