À la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), à Yaoundé, la République démocratique du Congo a porté une double offensive diplomatique. D’une part, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a repris devant près de 400 parlementaires issus de 57 pays la vision du président Félix Tshisekedi faisant de la RDC un « pays-solution » face à l’urgence climatique mondiale, mettant en avant le Bassin du Congo, sa biodiversité et le projet stratégique du Couloir Vert Kivu-Kinshasa. D’autre part, il a dénoncé avec force les conséquences environnementales de l’agression menée par le Rwanda à travers le M23-AFC, qualifiant les destructions de la faune, de la flore et des ressources naturelles d’« écocide » incompatible avec toute ambition climatique crédible. En parallèle, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a plaidé pour le respect de la souveraineté de la RDC et un renforcement de la solidarité francophone, tant pour le retour de la paix dans l’Est que pour la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola.
La République démocratique du Congo a placé les enjeux climatiques, la paix et la défense de sa souveraineté au cœur de son intervention à la 51ᵉ session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Devant près de 400 parlementaires représentant 57 pays, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a porté un plaidoyer articulé autour d’une conviction : la RDC constitue aujourd’hui un acteur incontournable de la réponse mondiale aux défis climatiques, à condition que cessent les conflits qui détruisent son patrimoine naturel.
Reprenant la vision défendue par le président Félix Tshisekedi, le président du Sénat a présenté la RDC comme un « véritable pays-solution » pour le climat mondial.
S’appuyant sur les atouts naturels du pays, il a rappelé que le Bassin du Congo représente le deuxième poumon forestier de la planète, qu’il abrite une biodiversité parmi les plus riches au monde et que le projet du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, couvrant plus de 500 000 km², constitue une contribution majeure à la préservation des équilibres climatiques de la planète.
Pour Jean-Michel Sama Lukonde, la protection de ces ressources dépasse les seuls intérêts nationaux et engage l’ensemble de la communauté internationale.
« Notre pays s’affirme naturellement comme un véritable pays-solution », a-t-il déclaré.
Mais ce rôle stratégique est fragilisé par plus de trois décennies de conflits armés dans l’Est du pays.
« Combien de morts nous faudra-t-il encore compter ? L’engagement de nos États n’est pas à la hauteur », a-t-il regretté.
Le M23 accusé de commettre un écocide
Le président du Sénat a consacré une large partie de son intervention aux conséquences environnementales de la guerre imposée à la RDC.
Il a dénoncé « l’agression injuste imposée à la RDC par le Rwanda à travers ses supplétifs du M23-AFC », estimant que ce conflit ne provoque pas seulement une catastrophe humanitaire, mais également une destruction massive des écosystèmes.
Selon lui, les violences entraînent des pertes humaines, des déplacements de populations, des violences sexuelles, mais aussi la destruction de la faune, de la flore, des cours d’eau et de la biodiversité.
« On ne peut pas prétendre assurer un équilibre climatique tant que, par la guerre, on pille et on détruit massivement les ressources naturelles », a-t-il martelé.
À travers cette dénonciation, Jean-Michel Sama Lukonde a implicitement qualifié ces destructions d’écocide, faisant du conflit dans l’Est de la RDC une menace environnementale dont les conséquences dépassent largement les frontières nationales.
Il a, à cet effet, appelé les États membres de la Francophonie à soutenir la mise en œuvre effective des accords de paix conclus à Washington et à accompagner les efforts de stabilisation engagés par la RDC.
Une solidarité climatique francophone
Au-delà du constat, le président du Sénat a plaidé pour une solidarité francophone plus ambitieuse en faveur de la protection des grands massifs forestiers.
Il a notamment défendu le principe d’une compensation équitable des populations vivant autour des forêts, dont la préservation profite à l’ensemble de la planète.
Il a également annoncé le soutien de la RDC à la candidature de Julianna Lumumba au poste de secrétaire générale de la Francophonie.
Aimé Boji appelle au respect de la souveraineté de la RDC
Prenant la parole lors des travaux consacrés au multilatéralisme et à la souveraineté des États, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a réaffirmé l’attachement de la RDC au droit international et à l’intégrité territoriale des États.
Il a indiqué que la diplomatie parlementaire vient renforcer les initiatives diplomatiques engagées par le président Félix Tshisekedi en faveur du retour de la paix dans la région des Grands Lacs.
Évoquant l’agression dont la RDC est victime depuis près de trente ans, il a rappelé son lourd coût humain, marqué par les déplacements massifs de populations, les pertes en vies humaines et les violences commises contre les civils.
« D’une seule voix, disons haut et fort que nos institutions multilatérales ne peuvent devenir des tribunes qui priment les agresseurs ! », a-t-il lancé devant les parlementaires francophones.
Le président de l’Assemblée nationale a également appelé au respect des résolutions des Nations unies exigeant le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Abordant la situation sanitaire, Aimé Boji a enfin sollicité une mobilisation accrue de la Francophonie face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola, soulignant que la RDC dispose d’une expertise reconnue dans la lutte contre cette maladie mais que la solidarité internationale demeure indispensable.
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