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Kinshasa
12 juillet, 2026 - 18:03:00
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EDITO | Le climat exige la paix

Il est des combats qui dépassent les frontières. Celui que mène aujourd’hui la République démocratique du Congo en fait partie. À Yaoundé, devant l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, Jean-Michel Sama Lukonde n’a pas seulement défendu les intérêts de son pays. Il a rappelé une vérité trop souvent reléguée au second plan : il ne peut y avoir de justice climatique sans justice pour les peuples qui protègent les grands équilibres de la planète.

La RDC n’a plus à convaincre de son rôle stratégique. Avec le Bassin du Congo, deuxième massif forestier du monde, une biodiversité exceptionnelle et le projet du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, elle détient une part essentielle de la réponse mondiale au dérèglement climatique. La formule de Félix Tshisekedi, faisant de la RDC un « pays-solution », n’est plus un slogan. Elle s’impose progressivement comme une réalité géopolitique.

Mais cette ambition se heurte à une contradiction majeure. Comment demander à la RDC de préserver un patrimoine écologique d’intérêt universel tout en fermant les yeux sur les conflits qui le ravagent ? Comment parler de transition verte lorsque la guerre détruit les forêts, pollue les rivières, décime la faune et transforme les ressources naturelles en économie de prédation ?

En dénonçant l’écocide provoqué par les violences du M23, soutenu par le Rwanda selon les autorités congolaises, Jean-Michel Sama Lukonde a replacé le débat climatique dans son véritable cadre. La protection de l’environnement commence par la protection de la paix. Il ne peut exister de politique climatique crédible là où prospèrent l’occupation armée, le pillage des ressources et la destruction des écosystèmes.

Le plaidoyer porté à Yaoundé mérite d’être entendu. Il ne réclame ni privilège ni compassion. Il appelle à la cohérence. Si la communauté internationale considère les forêts du Bassin du Congo comme un patrimoine mondial, elle doit aussi défendre les conditions de leur préservation. Soutenir les accords de paix, faire respecter la souveraineté de la RDC et accompagner les populations qui vivent de ces espaces ne relèvent plus de la solidarité. C’est une responsabilité collective.

Le monde ne pourra pas bâtir son avenir climatique sur les ruines de l’Est congolais. Défendre la RDC aujourd’hui, c’est défendre une part de l’équilibre écologique de la planète. Cette évidence doit désormais guider les actes autant que les discours.

Infos27

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