La réforme de l’artisanat minier entre dans sa phase concrète en République démocratique du Congo. Au Lualaba, le lancement de la première Zone d’exploitation artisanale (ZEA) pilote viable matérialise l’engagement du ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. Plus de 5.000 creuseurs artisanaux sont désormais relocalisés dans un espace légal et sécurisé, une étape qui ouvre la voie à une restructuration durable du secteur sous l’impulsion du gouvernement Judith Suminwa.
La réforme de l’artisanat minier en République démocratique du Congo connaît une avancée majeure avec le lancement officiel de la première Zone d’exploitation artisanale (ZEA) pilote viable à Kasulo, dans la province du Lualaba. Portée par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, cette initiative marque le passage de la phase de planification à celle de la mise en œuvre opérationnelle d’un programme destiné à assainir et professionnaliser l’exploitation minière artisanale.
Pendant plusieurs années, l’exploitation artisanale des minerais a été confrontée à des difficultés persistantes, notamment l’exploitation illicite, la faible traçabilité des productions, l’occupation irrégulière des concessions minières, les accidents récurrents ainsi que des pertes importantes de recettes publiques.
Pour répondre à ces défis, le ministère des Mines a engagé une réforme reposant sur la création de 64 Zones d’exploitation artisanale, dont 33 au Lualaba et 31 dans le Haut-Katanga. Ces espaces sont destinés à accueillir les exploitants artisanaux dans un cadre conforme au Code minier, garantissant davantage de sécurité, d’organisation et de transparence.
Plus de 5.000 creuseurs relocalisés
La phase opérationnelle de cette réforme s’est traduite, mardi, par la relocalisation de plus de 5.000 exploitants artisanaux auparavant installés illégalement sur le site T17, situé dans le périmètre de Kamoto Copper Company (KCC), vers la ZEA 786 de Kasulo.
Les autorités indiquent que cette relocalisation permettra aux creuseurs d’exercer leurs activités dans un environnement légal, sécurisé et mieux encadré, après les travaux de viabilisation confiés à un contractant spécialisé. L’affectation progressive des coopératives minières aux différentes ZEA se poursuivra au rythme de l’aménagement des sites retenus.
La cérémonie de lancement a été présidée par le directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo, représentant le ministre des Mines, en présence de la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini, des autorités provinciales, des services techniques de l’État ainsi que des représentants des coopératives minières.
Une couverture sociale inédite
La réforme introduit également une innovation avec la mise en place d’une couverture d’assurance au profit des exploitants artisanaux et de leurs dépendants. Cette mesure vise à renforcer la protection sociale des creuseurs tout en améliorant durablement leurs conditions de travail et celles de leurs familles.
À travers cette première ZEA pilote viable, le gouvernement entend renforcer la gouvernance du secteur, améliorer la traçabilité des minerais, sécuriser les investissements, accroître les recettes publiques et offrir de meilleures perspectives économiques à des milliers d’exploitants artisanaux. Cette initiative s’inscrit dans la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre par le gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, en faveur d’un secteur minier moderne, responsable et inclusif.
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