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26 juillet, 2026 - 08:31:20
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Conseil de sécurité : la RDC appelle à faire des ressources naturelles un levier de paix

La République démocratique du Congo a porté mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies un plaidoyer en faveur d’une nouvelle approche de la prévention des conflits, fondée sur une gestion responsable des ressources naturelles. Lors de la 10200ème réunion présidée par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, le message du Président Félix Tshisekedi a invité la communauté internationale à s’attaquer aux causes profondes des crises plutôt qu’à leurs seules conséquences. Devant le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, Kinshasa a défendu l’idée que l’exploitation illicite des minerais, des forêts, de l’eau et d’autres ressources stratégiques demeure un moteur majeur des conflits, particulièrement dans l’Est de la RDC. En réponse, le chef de l’ONU a appelé à tarir les sources de financement des groupes armés et à renforcer une gouvernance bénéfique aux États producteurs.

La République démocratique du Congo (RDC), qui assure en juillet la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies, a exhorté mercredi la communauté internationale à considérer la gouvernance des ressources naturelles comme un pilier de la prévention des conflits et de la consolidation d’une paix durable, à l’ouverture de la 10200ème réunion consacrée au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Présidée à New York par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, en présence du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, la séance a été marquée par la lecture du message du Président Félix Tshisekedi, empêché.

Dans cette adresse, le Chef de l’État a réaffirmé l’engagement de la RDC en faveur d’une gestion souveraine, transparente et responsable de ses ressources naturelles, estimant que leur exploitation légale constitue un facteur essentiel de stabilité régionale, de développement durable et de prospérité partagée.

Une présidence tournée vers les causes des conflits

Intervenant au nom du Président de la République, Thérèse Kayikwamba Wagner a présenté la présidence congolaise du Conseil de sécurité comme une responsabilité collective au service de la prévention des crises.

« C’est avec une grande fierté et un sens élevé des responsabilités que la République démocratique du Congo assume, en ce mois de juillet, la présidence du Conseil de sécurité des Nations Unies. Présider ce Conseil, c’est assumer, pour un temps, une part de la responsabilité collective de notre monde », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que cette responsabilité ne se limite pas à gérer les crises lorsqu’elles éclatent.

« Cette enceinte n’a pas seulement vocation à répondre aux crises, mais aussi à identifier les facteurs qui les annoncent afin de mieux les prévenir », a-t-elle poursuivi.

Selon la ministre d’État, les ressources naturelles figurent désormais parmi les principaux déterminants des conflits contemporains.

« Au fil des décennies, le Conseil de sécurité a su adapter son action aux menaces de chaque époque. Aujourd’hui, une réalité s’impose : la gouvernance des ressources naturelles est devenue un enjeu majeur de paix et de sécurité internationale », a-t-elle affirmé.

Elle a expliqué que cette conviction avait conduit la RDC à inscrire cette question à l’ordre du jour afin d’inviter les États membres à renouveler leur lecture des causes profondes des crises.

Des richesses stratégiques aux enjeux mondiaux

Développant cette vision, Thérèse Kayikwamba Wagner a souligné que les minerais critiques, l’eau, les forêts, les ressources énergétiques, les terres arables et la biodiversité sont désormais au cœur de la transition énergétique, de la révolution numérique, de la sécurité alimentaire et du développement économique.

« Jamais les ressources naturelles n’ont autant compté pour l’avenir de l’humanité », a-t-elle déclaré.

Elle a toutefois relevé le paradoxe d’une richesse qui demeure, dans plusieurs régions du monde, un facteur de violence.

« Elles continuent d’alimenter les conflits, de financer les groupes armés, de nourrir les économies criminelles, de fragiliser les États et de priver les populations des bénéfices légitimes de leurs propres richesses. Tel est le paradoxe de notre époque », a-t-elle souligné.

Insistant sur la portée universelle du message congolais, la ministre d’État a ajouté : « La République démocratique du Congo ne vient pas devant le Conseil de sécurité pour se plaindre. Elle vient partager une expérience, porter une conviction et proposer une voie. »

Selon elle, l’expérience congolaise met en évidence « un déséquilibre mondial auquel seule une action collective fondée sur l’équité et la responsabilité permettra d’apporter une réponse durable ».

L’Est de la RDC, illustration d’un défi global

Le message du Président Félix Tshisekedi a présenté la situation dans l’Est du pays comme une illustration des conséquences de l’exploitation illicite des ressources naturelles sur la sécurité régionale.

« Dans l’Est de mon pays, la paix durable demeure indissociable de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles, du démantèlement des groupes armés, de l’assèchement de leurs circuits de financement et de la fin des réseaux qui permettent à des minerais issus des zones de conflit d’intégrer des chaînes d’approvisionnement mondiales », a déclaré Mme Kayikwamba.

Pour Kinshasa, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement et la traçabilité des minerais constituent désormais des conditions indispensables à une paix durable.

António Guterres plaide pour couper les circuits criminels

Le Secrétaire général des Nations Unies a, pour sa part, insisté sur les initiatives menées par le système onusien pour intégrer les enjeux climatiques et environnementaux dans les stratégies de prévention des conflits.

« Le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale intègre des analyses relatives au climat, à la paix et à la sécurité en République démocratique du Congo et au Tchad », a indiqué António Guterres, citant également le Programme des Nations Unies pour l’environnement, le Bureau de l’Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique et la FISNUA.

Selon lui, ces actions favorisent « des perspectives concrètes de dialogue, de coopération et de renforcement de la confiance » dans des régions fragilisées par les effets conjugués des changements climatiques et des tensions politiques.

Le chef de l’ONU a enfin appelé à rompre définitivement le lien entre exploitation illicite des ressources et conflits armés.

« Nous devons mettre fin au pillage et priver les groupes armés ainsi que les réseaux criminels des revenus qui alimentent des conflits ayant déjà trop duré. Tout l’enjeu est de transformer la manière dont les ressources sont extraites, transformées, commercialisées et utilisées afin que les pays producteurs et leurs populations conservent la plus grande part de la valeur ajoutée », a-t-il déclaré.

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