L’aggravation des conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la persistance des épidémies et la diminution des financements internationaux continuent d’accentuer les besoins humanitaires, selon le rapport annuel 2025 présenté jeudi à Kinshasa par Médecins Sans Frontières (MSF). L’organisation indique avoir pris en charge plus de 54 000 survivants de violences sexuelles tout en réaffirmant son engagement à poursuivre ses interventions médicales dans le pays malgré un contexte de plus en plus difficile.
Médecins Sans Frontières (MSF) a présenté jeudi à Kinshasa son rapport annuel 2025 sur ses activités en République démocratique du Congo, faisant état d’une dégradation persistante de la situation humanitaire, marquée par l’intensification des violences armées dans l’Est, la multiplication des urgences sanitaires et la réduction progressive des financements internationaux destinés à l’aide humanitaire.
Selon le représentant pays de MSF en RDC, l’année 2025 a particulièrement éprouvé les populations civiles vivant dans les zones affectées par les conflits.
« 2025 a été particulièrement difficile pour les populations civiles. Dans les provinces de l’Est, l’intensification des combats a provoqué de nouveaux déplacements massifs, exposant des milliers de personnes aux violences, aux privations et à un accès limité aux services essentiels », a-t-il déclaré.
Il a expliqué que cette situation résulte d’une combinaison de facteurs, notamment les conflits armés, les épidémies, les attaques contre les structures sanitaires, les violences sexuelles et la diminution des ressources consacrées à l’aide humanitaire.
« La crise humanitaire en RDC n’est pas nouvelle, mais 2025 a été marquée par une aggravation importante, particulièrement dans l’Est du pays », a-t-il ajouté.
Plus de 54 000 survivants de violences sexuelles accompagnés
Le rapport met en évidence l’ampleur des violences sexuelles enregistrées au cours de l’année. MSF indique avoir pris en charge 42 239 survivants reçus dans les 72 heures suivant leur agression, délai essentiel pour l’administration des traitements d’urgence, ainsi que plus de 11 000 autres personnes arrivées au-delà de cette période, soit plus de 54 000 victimes accompagnées en 2025.
L’organisation rappelle que ces violences entraînent des conséquences physiques, psychologiques et sociales durables pour les survivants, leurs familles et leurs communautés.
Parallèlement aux interventions liées aux conflits, MSF a poursuivi son appui au ministère de la Santé publique dans la riposte contre plusieurs épidémies, notamment la rougeole, le choléra, le mpox et Ebola.
Face aux attaques visant les structures de santé dans certaines zones de conflit, l’organisation a plaidé pour le respect du caractère protégé des activités médicales. Son représentant a toutefois relevé une diminution de ces incidents, qu’il attribue aux efforts de sensibilisation menés auprès des acteurs armés.
Sur le plan financier, MSF a rappelé que son action repose principalement sur les dons de particuliers à travers le monde, ce qui lui permet de préserver son indépendance vis-à-vis des gouvernements. Alors que plusieurs organisations humanitaires ont réduit leurs programmes en raison de la baisse des financements internationaux, MSF affirme avoir maintenu un budget stable en RDC par rapport à 2024 et prévoit de poursuivre ses interventions en 2026 au bénéfice des populations affectées par les conflits, les déplacements forcés et les urgences sanitaires.
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