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Kinshasa
18 août, 2026 - 00:01:20
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Edito | Processus de Doha : le temps des preuves 

La diplomatie se juge aux actes. Pas aux déclarations. Encore moins aux promesses. En libérant quinze détenus dans le cadre du processus de Doha, la République démocratique du Congo vient de poser un acte politique fort. Un geste concret. Un geste attendu. Surtout, un geste conforme aux engagements qu’elle a librement souscrits.

Ce choix n’est pas anodin. Il intervient dans un conflit où la défiance nourrit la violence depuis des années. En acceptant cette mesure de confiance, Kinshasa prend un risque politique. Mais il choisit aussi de donner une chance au dialogue. Le Qatar, les États-Unis et le Comité international de la Croix-Rouge ne s’y sont pas trompés. Tous saluent une avancée susceptible de relancer la dynamique des négociations.

Cette initiative change désormais la nature du débat. La question n’est plus de savoir si la RDC est prête à respecter le processus de Doha. Elle vient d’en administrer la preuve. La véritable interrogation concerne désormais l’autre versant de l’équation.

Kigali est attendu. Non sur des discours, mais sur des décisions. Non sur des intentions, mais sur des résultats. Si le Rwanda entend convaincre qu’il soutient sincèrement une solution politique, il lui appartient désormais de contribuer à créer les conditions d’une cessation durable des hostilités dans l’Est de la RDC. C’est précisément le message formulé par Doha lorsqu’il appelle à créer des « conditions propices » à une paix durable.

La paix ne peut prospérer sous le bruit des armes. Elle ne peut avancer pendant que les violations du cessez-le-feu alimentent la méfiance. Les mesures de confiance n’ont de valeur que lorsqu’elles produisent une réciprocité. Sans cela, elles deviennent des concessions unilatérales et perdent leur portée politique.

Le processus de Doha entre dans une phase décisive. Les médiateurs ont obtenu des engagements. Kinshasa en applique un. Il appartient désormais aux autres parties d’en faire autant. C’est à cette condition que les protocoles encore en discussion pourront déboucher sur un véritable accord de paix. Car une paix durable ne se proclame pas. Elle se construit. Chaque engagement respecté en rapproche la région. Chaque hésitation l’en éloigne.

Infos27

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