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Kinshasa
18 août, 2026 - 00:01:18
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Edito | Le peuple parle, la démocratie respire

La démocratie ne vit pas de slogans. Elle vit de la parole du peuple.

Mercredi, Kinshasa en a offert une démonstration éclatante. En pleine journée ouvrable, des milliers de jeunes ont répondu à l’appel de la ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino. Le slogan « Oui, je le veux » n’a pas seulement animé une marche. Il a replacé la réforme de la Constitution au cœur du débat national.

Le fait mérite d’être relevé. Non parce qu’il consacre une victoire politique. Mais parce qu’il rappelle une évidence. Le peuple ne se résume jamais à ceux qui prétendent parler en son nom.

Depuis plusieurs mois, les opposants au changement de la Constitution occupent l’espace public. Ils en ont le droit. La démocratie protège la contradiction. Elle protège le refus. Elle protège même la contestation la plus ferme. Mais elle ne protège pas la confiscation de la parole collective.

Affirmer que le peuple est unanimement opposé à une réforme constitutionnelle relève moins d’une vérité démocratique que d’une posture politique. La mobilisation de mercredi vient précisément démentir cette prétention. Une autre voix existe. Elle s’exprime. Elle revendique sa place.

La jeunesse congolaise représente près de 70 % de la population. Lorsqu’elle descend massivement dans la rue, un jour de semaine, pour réclamer davantage de représentation, d’emplois, d’entrepreneuriat et une Constitution qu’elle juge plus conforme à ses aspirations, elle impose un fait politique. Ce fait ne clôt pas le débat. Il l’ouvre.

La réforme de la Constitution ne doit pas devenir un tabou. Aucun texte fondamental n’est immuable. Les grandes démocraties révisent leurs Constitutions lorsque les réalités évoluent. La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut débattre. Elle consiste à savoir comment débattre. Librement. Loyalement. Sans intimidation. Sans appropriation de la volonté populaire.

Le référendum trouve précisément sa légitimité dans cette exigence. Il restitue la décision à son véritable propriétaire : le citoyen. Lui seul peut dire oui. Lui seul peut dire non. Lui seul détient la souveraineté.

Le carton plein réalisé par Grâce Kutino dépasse ainsi la réussite d’une mobilisation. Il rappelle une règle essentielle de toute démocratie digne de ce nom : personne ne possède le peuple. Personne ne parle à sa place. Personne ne peut lui interdire de choisir son destin.

Le dernier mot n’appartient ni aux tribunes, ni aux états-majors politiques. Il appartient aux urnes. C’est là que se mesure la démocratie. C’est là que se construit la légitimité. C’est là, et seulement là, que la République peut avancer sans laisser personne au bord du chemin.

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