Cent un ans après la fin de la colonisation belge, la question des réparations demeure au cœur du débat entre mémoire, reconnaissance et restitution. Invité à Bakou, le président de la CNDH-RDC, Paul Nsapu, va exposer sur l’héritage colonial belge et les voies de réparation, alors que les demandes congolaises continuent de se heurter à l’absence d’un consensus politique sur l’indemnisation financière.
Le président de la Commission nationale des droits de l’homme de la République démocratique du Congo, Paul Nsapu, est invité à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, pour intervenir sur la question de l’héritage colonial de la Belgique et des perspectives de réparation, selon une note consultée jeudi.
« M. Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC, est invité à la conférence internationale à Bakou, en Azerbaïdjan, pour exposer sur le thème : “L’héritage colonial de la Belgique et la voie vers les réparations : 101 ans plus tard” », indique cette note émanant d’un service de l’institution congolaise des droits humains.
Le président de la CNDH-RDC a quitté Kinshasa mercredi soir à destination de Bakou, où cette problématique historique va être placée au centre des échanges.
La participation de Paul Nsapu intervient dans un contexte où la question des réparations liées à la colonisation belge en RDC continue d’alimenter les débats autour de la reconnaissance des responsabilités, de l’indemnisation des victimes et de la restitution du patrimoine culturel.
Selon la note consultée, plusieurs avancées symboliques ont été enregistrées ces dernières années. Le roi Philippe de Belgique a notamment exprimé ses « profonds regrets » pour les souffrances et les actes de cruauté commis durant la période coloniale, sans toutefois présenter d’excuses formelles susceptibles d’engager juridiquement l’État belge.
Le Parlement belge avait également mis en place une commission spéciale chargée d’examiner le passé colonial de la Belgique au Congo, au Rwanda et au Burundi. Les travaux avaient été accompagnés d’un rapport d’experts formulant plusieurs recommandations sur la reconnaissance et les mesures de réparation.
Le débat sur l’indemnisation reste ouvert
La question des compensations financières demeure toutefois l’un des principaux points de divergence. Les demandes formulées par des responsables politiques et des organisations congolaises, en lien avec l’exploitation économique et le pillage des ressources durant la colonisation, se heurtent encore à des réserves au sein de la classe politique belge.
Certains élus estiment que le préjudice subi reste difficile à quantifier, tandis que d’autres rejettent le principe même d’une indemnisation financière directe.
Sur le terrain de la réparation mémorielle, la restitution progressive à la RDC d’objets d’art, d’artefacts rituels et de restes humains conservés en Belgique constitue, selon la source, l’une des avancées concrètes du processus engagé.
À Bakou, Paul Nsapu va ainsi porter la voix de la CNDH-RDC dans un débat qui dépasse la seule mémoire historique et interroge les mécanismes de reconnaissance, de justice et de réparation liés au passé colonial.
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