Dans le Nord-Kivu, la riposte contre Ebola cherche aussi à gagner la bataille de la confiance. La Croix-Rouge de la RDC, avec l’appui de la FICR, a réuni lundi 24 août des leaders communautaires et religieux pour en faire des relais de prévention, capables de combattre les rumeurs et de rapprocher les populations des équipes sanitaires.
Face aux résistances qui continuent d’entraver la riposte contre Ebola, souche Bundibugyo, la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo (RDC), avec l’appui de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a réuni lundi 24 août une centaine de leaders communautaires et religieux.
Commerçants, pasteurs et imams ont pris part à cette rencontre consacrée à la sensibilisation, à la lutte contre les rumeurs et à la restauration de la confiance entre les populations et les équipes engagées dans la riposte.
Pour les organisateurs, la proximité de ces acteurs avec les communautés constitue un levier essentiel pour favoriser l’adhésion aux mesures de prévention et faciliter l’acceptation des interventions sanitaires.
Des relais de confiance
Roger Kasereka Mutanava, président du comité territorial de la Croix-Rouge, a insisté sur le rôle de ces leaders dans la diffusion des informations sanitaires. « Ils sont des relais privilégiés pour rapprocher les messages de prévention des populations », a-t-il déclaré, estimant que leur influence peut contribuer à réduire les résistances face aux mesures de lutte contre Ebola.
Nadine Memeh Mushimbele, coordonnatrice de la FICR, a, elle aussi, souligné la nécessité d’associer toutes les composantes de la société à la riposte. Elle a particulièrement insisté sur le rôle des responsables religieux dans la mobilisation communautaire, notamment pour expliquer les opérations liées aux enterrements dignes et sécurisés.
Nicéphor Aguiar, chargé de la communication sur les risques à la FICR, a appelé à une appropriation accrue de la riposte par les communautés. Les leaders locaux, a-t-il expliqué, sont des « figures de confiance » susceptibles de contrer les fausses informations et de renforcer la surveillance communautaire.
La rencontre a également permis de former 52 responsables de comités de santé et de développement à la gestion de l’infodémie et à la remontée des préoccupations exprimées par les communautés. Par ailleurs, 128 jeunes et conducteurs de motos ont pris part à des démonstrations consacrées aux enterrements sécurisés et à une visite du Centre de traitement Ebola de Beni.
Dans un Nord-Kivu où les rumeurs et les réticences compliquent encore certaines interventions, la Croix-Rouge et la FICR misent ainsi sur les acteurs de proximité. L’objectif est de faire de leur influence un outil de prévention, mais surtout un moyen de restaurer une confiance mise à rude épreuve par l’épidémie.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

