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24 août, 2026 - 21:16:23
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Ituri : Mambasa sous pression après une série d’assassinats attribués aux ADF

À Mambasa, les découvertes de corps et les attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF) alimentent l’inquiétude des populations. Trois dépouilles ont été retrouvées dimanche 23 août à Kalonge, tandis que d’autres victimes ont été signalées dans plusieurs localités. La société civile demande aux autorités de renforcer sans délai la protection des civils.

Le territoire de Mambasa, en Ituri, reste pris dans un cycle de violences. Assassinats, disparitions et découvertes de corps se multiplient dans plusieurs localités, sur fond d’incursions attribuées aux ADF.

Dimanche 23 août, trois corps sans vie ont été découverts à Kalonge, à environ trois kilomètres de Teturi-Centre. Les victimes, identifiées comme Omer, Asifiwe et Pascal Kalipi, auraient été égorgées à proximité de la route nationale RN44. D’autres dépouilles ont été signalées à Linjanza et Maibo, certaines déjà en état de décomposition. À Ngombari, trois corps retrouvés récemment n’avaient toujours pas été inhumés.

Parmi les victimes de Kalonge figure Pascal Kalipi. Il a été retrouvé dans le champ de son employeur, à Lengwe, après environ une heure de marche depuis Pekele. Originaire de Munoli Ngupa, près de Musienene, il a été tué alors qu’il exerçait son activité agricole.

Les disparitions nourrissent également l’inquiétude. À Kiki, une fillette de six ans enlevée récemment a finalement été libérée par ses ravisseurs, selon des sources locales.

Les ADF multiplient les incursions

À ces assassinats s’ajoutent plusieurs incursions attribuées aux ADF. Depuis le 21 août, des mouvements de combattants ont notamment été signalés à Ngombari, où plusieurs civils auraient été tués et d’autres portés disparus.

Les assaillants auraient ensuite progressé vers Cicio, où au moins seize corps auraient été retrouvés. Parmi les victimes figure Kambale, membre de la Croix-Rouge de Biakato, originaire du bloc Mupanda B.

Selon des sources locales, les combattants auraient établi une position dans la zone située au confluent des rivières Ebiena et Ituri. Cette présence alimente les craintes d’une implantation durable du groupe armé dans cette partie du territoire.

La société civile réclame des mesures

Face à cette recrudescence des violences, les organisations de la société civile demandent aux autorités de renforcer la protection des populations et de permettre l’inhumation digne des victimes.

Grâce Kakundo Kasamba, de la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC) du groupement Babila Teturi, appelle les autorités à prendre des mesures urgentes pour sécuriser les civils.

De son côté, Ram’s Malikidogo, coordonnateur de l’Association pour la Protection et la Défense des Droits de l’Enfant et de la Femme vulnérable (APDEF) Mambasa, exhorte les forces de sécurité à adapter leurs stratégies afin de mettre fin aux massacres.

Dans ce territoire rural déjà fragilisé par l’insécurité, les populations restent exposées à une double menace : les violences ciblées et les incursions répétées attribuées aux ADF. Au-delà de la réponse militaire, les acteurs locaux réclament une meilleure protection des civils et un accompagnement des familles touchées par ces violences.

Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu 

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