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15 septembre, 2026 - 06:44:28
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Bahati Lukwebo de retour à Kinshasa : l’AFDC-A affiche son soutien, les frondeurs désavoués

La démonstration de force enregistrée jeudi 4 septembre à l’aéroport international de N’djili vaut davantage qu’un simple accueil politique. Après deux semaines d’absence, Modeste Bahati Lukwebo a retrouvé Kinshasa porté par une importante mobilisation de militants, cadres et sympathisants de l’AFDC-A, au moment précis où son leadership est de nouveau contesté. Le spectacle offre un premier enseignement : malgré les manœuvres et les offensives internes, la base du parti continue d’afficher sa fidélité à son autorité morale. Une situation qui rappelle d’autres épisodes de l’histoire récente de l’AFDC-A, notamment sous le régime de Joseph Kabila, lorsque plusieurs tentatives de déstabilisation de la formation de Bahati Lukwebo n’avaient pas réussi à ébranler durablement son implantation. Pour le sénateur, l’histoire semble aujourd’hui se répéter sous d’autres acteurs et dans un autre contexte.

Le retour de Bahati Lukwebo intervient après plusieurs semaines de spéculations et de tensions autour de l’AFDC-A. Son absence avait alimenté diverses rumeurs, jusqu’à celle d’une prétendue arrestation, finalement démentie par son parti. Dans le même temps, des contestations internes et des initiatives dirigées contre le sénateur avaient donné l’impression que son assise politique pouvait être fragilisée.

L’accueil de N’djili est venu apporter une réponse politique à cette séquence. La mobilisation observée autour de l’autorité morale de l’AFDC-A a surtout mis en évidence l’existence d’une base organisée et attachée à son leadership.

Bahati Lukwebo, lui, n’a pas choisi la prudence dans son adresse à ses partisans. Il a rejeté les accusations portées contre lui et dénoncé des manœuvres visant, selon lui, à s’emparer de son parti. « Tous ceux qui prétendent me ravir mon AFDC doivent avant tout marcher sur mon cadavre », a-t-il lancé, avant de marteler : « Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle. »

Le ton est donné. Pour le sénateur, la bataille ne se gagnera ni par les déclarations, ni par les initiatives de circonstance, encore moins par des tentatives de substitution politique.

L’histoire comme principal rempart

C’est précisément sur le terrain de l’histoire que Bahati Lukwebo entend placer le débat. Il a rappelé que l’AFDC-A n’est pas née d’une conjoncture politique récente, mais d’un long investissement humain, intellectuel, matériel et financier.

Dans cette démonstration, il a cité plusieurs formations qui ont profondément marqué la vie politique congolaise : l’UNC de Vital Kamerhe, le MLC de Jean-Pierre Bemba, le PALU d’Antoine Gizenga, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, le PPRD/FCC de Joseph Kabila et le MPR de Mobutu Sese Seko. Le parallèle est lourd de sens. Dans le paysage politique congolais, les formations durablement implantées sont généralement celles qui disposent d’une histoire, d’une organisation, d’un électorat et d’un leadership identifiables. L’AFDC-A entend manifestement se situer dans cette catégorie.

Cette réalité explique aussi pourquoi les épisodes de contestation ne peuvent être analysés uniquement à travers les rapports de force du moment. L’histoire politique récente montre que les précédentes tentatives visant à affaiblir l’emprise de Bahati Lukwebo sur son parti, notamment durant la période Kabila, n’avaient pas produit le résultat escompté. Le temps politique a changé, les acteurs également, mais la difficulté demeure la même : remplacer une implantation politique construite sur des années ne se décrète pas.

Les frondeurs face à la réalité politique

C’est là que se situe le véritable enjeu de la crise actuelle. Au-delà des ambitions personnelles et des querelles internes, la question est celle de la capacité réelle des contestataires à s’imposer face à une organisation disposant d’une histoire et d’une structure.

Bahati Lukwebo a d’ailleurs invité ceux qui souhaitent porter une autre vision à créer leur propre formation politique. Une réponse qui traduit sa conviction qu’un parti ne se conquiert pas comme un simple poste institutionnel. Il se construit, s’organise, s’enracine et se consolide au fil des batailles électorales et politiques.

La démonstration de N’djili pourrait ainsi constituer le premier indicateur du rapport de force. Les frondeurs peuvent contester le leadership de Bahati Lukwebo ; encore leur faudra-t-il démontrer qu’ils disposent d’une implantation politique capable de rivaliser avec celle qu’ils cherchent à remettre en cause.

Un leadership toujours dans le jeu

La séquence dépasse cependant les seules frontières de l’AFDC-A. Bahati Lukwebo demeure un acteur important de la majorité présidentielle et de l’Union sacrée, dans un environnement où chaque repositionnement politique est scruté.

Certaines de ses prises de position ont alimenté des spéculations sur ses rapports avec le président Félix-Antoine Tshisekedi. Mais, au-delà des interprétations, son retour à Kinshasa aura surtout permis de rappeler une évidence : le sénateur conserve une capacité de mobilisation que ses adversaires ne peuvent ignorer.

Et le calendrier est révélateur. Sitôt rentré dans la capitale, Bahati Lukwebo s’est envolé pour Séoul, en Corée du Sud, afin de participer à la Conférence internationale des partis politiques d’Asie et d’Afrique.

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