Le 15 septembre approche.
Avec lui, la rentrée parlementaire.
Une échéance institutionnelle majeure pour la République démocratique du Congo.
Mais cette journée ne doit pas être transformée en théâtre de confrontation politique. Le Palais du Peuple doit rester un espace de débat républicain. Il ne peut devenir le point de rencontre entre manifestants et représentants de la nation, au risque de provoquer tensions, provocations et incidents.
C’est tout le sens de la proposition d’Augustin Kabuya. Le président de l’UDPS suggère de maintenir la date du 15 septembre. Mais il propose de tenir la cérémonie solennelle à 18 heures. Une solution simple. Un décalage qui pourrait contribuer à désamorcer les risques.
L’objectif est clair: préserver la rentrée parlementaire; protéger les institutions; éviter que la cérémonie ne soit détournée de sa vocation.
La C64 annonce, de son côté, une mobilisation autour du Palais du Peuple. Elle entend faire de cette journée un moment de forte pression politique. Cette stratégie appartient à l’opposition. Mais elle ne doit pas conduire à la confrontation.
Une opposition qui aspire à gouverner doit convaincre autrement. Elle doit mobiliser par ses idées. Elle doit présenter un projet. Elle doit démontrer son implantation populaire. La confrontation avec les institutions ne peut constituer un programme politique.
Le contexte national appelle surtout à la responsabilité.
Le Dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi se précise. Il doit permettre de recueillir les préoccupations des populations des 26 provinces. Il vise la recherche d’un Pacte de paix, de cohésion et de refondation de l’État.
Dans cette dynamique, la rue ne peut être l’unique réponse. Le pays a besoin de débats. Il a besoin de propositions. Il a surtout besoin d’un engagement politique responsable.
Le 15 septembre doit donc rester une journée institutionnelle. Une journée consacrée au travail parlementaire. Une journée où la République doit parler plus fort que les querelles partisanes.
La proposition de décalage horaire mérite, à ce titre, d’être examinée avec sérieux. Elle ne règle pas toutes les divergences politiques. Mais elle peut contribuer à prévenir l’affrontement.
Certes, la démocratie congolaise a besoin de contradiction, mais elle a aussi besoin de retenue.
Préserver la rentrée parlementaire, c’est préserver les institutions. C’est protéger le débat démocratique. C’est refuser que la tension politique prenne le pas sur la raison d’État.
Le 15 septembre sera donc un test pour la majorité comme pour l’opposition. À chacun de démontrer que la République demeure au-dessus des ambitions partisanes.
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