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Kinshasa
18 avril, 2026 - 15:36:31
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Circulation à Kinshasa : les camions de Mino Congo asphyxient l’axe Diplomate–Pharmacie à Bandalungwa

À Kinshasa, où les routes dégradées peinent déjà à absorber une circulation toujours plus dense, l’inaction des autorités face à des abus flagrants alimente un sentiment d’abandon. Dans la commune de Bandalungwa, plus d’une trentaine de camions stationnent illégalement sur une voie étroite, transformant un trajet de dix minutes en un calvaire de plusieurs heures. Un laisser-faire, dénoncé par la société civile.

Chaque matin, entre les arrêts Diplomate (GB) et Pharmacie, dans la commune de Bandalungwa, les klaxons couvrent les voix et les moteurs suffoquent dans une file presque immobile. Sur cet axe de quelques kilomètres à peine, devenu un point noir de la circulation à Kinshasa, les automobilistes peuvent désormais passer jusqu’à quatre heures dans les embouteillages, contre une dizaine de minutes en temps normal. En cause : l’occupation illégale d’une bande entière de la route par des dizaines de poids lourds de la société Mino Congo.

Selon l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), plus de trente camions-remorques sont garés de manière prolongée et irrégulière sur cette voie étroite, qui ne comporte que deux bandes. Dans un communiqué publié le 12 mai, l’ONG dénonce une « violation manifeste de la loi » et appelle la Police nationale congolaise à « agir rapidement pour rétablir l’ordre public et la fluidité de la circulation ».

Les témoignages recueillis sur place pointent unanimement cette occupation comme l’un des principaux facteurs des embouteillages dans la zone. « Ce n’est pas une déviation, ce n’est pas une zone de chargement officielle, et pourtant ces camions sont là jour et nuit, sans que personne n’intervienne », s’indigne un conducteur de taxi-bus.

Ce blocage n’est pourtant qu’un symptôme aggravant d’un mal plus ancien. À Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, la croissance démographique fulgurante n’a pas été accompagnée d’un développement adéquat des infrastructures routières.

Beaucoup d’artères sont en état de délabrement avancé, sans éclairage public ni signalisation, et aucune politique claire de régulation du stationnement des poids lourds n’est appliquée de manière effective.
Mais pour de nombreux usagers, le plus incompréhensible réside moins dans l’état du réseau routier que dans la tolérance apparente des autorités face à des comportements illégaux et évitables. « On ne peut pas changer en un jour toutes les routes de Kinshasa, mais on peut empêcher qu’une entreprise transforme une voie publique en parking », résume un habitant de Bandalungwa, visiblement excédé.

Dans une ville où la moindre perturbation se répercute en cascade sur des kilomètres, l’inaction face à de telles situations interroge. Entre les appels à l’intervention policière, les interpellations citoyennes et l’aggravation quotidienne du chaos routier, une question demeure : combien de temps encore l’État tolérera-t-il l’inacceptable ?

Infos27

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