80.98 F
Kinshasa
18 avril, 2026 - 02:59:17
Image default
CoopérationDiplomatieFlash InfosLa uneSécurité

L’Union européenne tire la sonnette d’alarme sur la crise humanitaire dans l’Est de la RDC

Face au désengagement de certains bailleurs et à la persistance des violences dans l’Est de la RDC, l’Union européenne tente de maintenir le cap d’un engagement humanitaire de long terme. En mission à Beni, l’un de ses foyers les plus instables, l’UE rappelle une évidence trop souvent reléguée : il ne peut y avoir de paix durable sans réponse concrète à la détresse des populations civiles.

L’Union européenne a exprimé, mardi 3 juin, sa « vive préoccupation » face à la dégradation continue de la situation humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Depuis Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, où il conduisait une mission diplomatique de quelques heures, l’ambassadeur de l’UE à Kinshasa, Nicolas Berlanga, a insisté sur l’urgence d’intégrer la dimension humanitaire dans les négociations politiques en cours visant à ramener la paix dans la région.

« Nous sommes très préoccupés, a déclaré le diplomate européen devant la presse. Nous plaidons toujours en faveur d’introduire les sujets humanitaires dans les négociations de paix en cours. »

Accompagné de neuf ambassadeurs européens accrédités en RDC, Nicolas Berlanga a lancé deux nouveaux projets financés par l’Union européenne en Ituri et au Nord-Kivu, censés renforcer la paix, la résilience et la cohésion sociale dans ces provinces ravagées par les conflits. Une présence diplomatique rare à Beni, dans une zone toujours marquée par les violences des groupes armés et la persistance d’un front actif contrôlé en partie par l’Alliance du Fleuve Congo (AFC), coalition dominée par le mouvement M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports onusiens.

Une réponse humanitaire sous tension

Alors que les besoins humanitaires ne cessent de croître, le départ progressif de plusieurs bailleurs internationaux, dont l’Agence américaine pour le développement international (USAID), a contraint l’Union européenne à augmenter sa contribution. «

L’Union européenne a dû faire un effort supplémentaire pour continuer à contribuer, même si ça n’arrive pas à couvrir tous les besoins », a reconnu M. Berlanga. Bruxelles affirme consacrer actuellement plus de 100 millions d’euros à l’aide humanitaire en RDC.
Ce soutien financier vise à compenser partiellement les déficits dans l’assistance alimentaire, médicale et psychosociale dans les zones les plus touchées par les déplacements massifs de populations.

Selon les Nations unies, plus de 7 millions de personnes sont aujourd’hui déplacées internes en RDC, dont une majorité dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Trois processus de paix sous observation

À l’issue de sa visite, l’ambassadeur Berlanga a également tenu à rappeler que l’Union européenne « suit de près les discussions et dialogues en cours » entre les différentes parties prenantes à la crise congolaise, avec une attention portée « non pas sur le court terme, mais dans une perspective de long terme ».

Trois initiatives politiques sont actuellement en cours pour tenter d’endiguer la spirale de la violence et rétablir la souveraineté de l’État congolais sur l’ensemble de son territoire : les négociations discrètes à Doha entre le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et les représentants du M23 ; la médiation engagée par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, en contact avec plusieurs figures de la classe politique congolaise ; et enfin, un projet d’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, négocié sous l’égide de Washington à la suite de la déclaration de principes annoncée par Donald Trump le mois dernier.

Une paix encore lointaine

Mais sur le terrain, les faits contredisent souvent les annonces diplomatiques. À ce jour, plusieurs localités stratégiques du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent sous contrôle de l’AFC-M23, et les tentatives de retour des populations déplacées sont régulièrement contrariées par l’insécurité persistante, les exactions et les déplacements de lignes de front.

Dans ce contexte, l’Union européenne semble vouloir rappeler que les efforts politiques doivent impérativement s’accompagner d’un soutien humanitaire durable et d’un engagement clair en faveur des victimes de ce conflit oublié. À défaut, la promesse de paix risque, une fois de plus, de s’évanouir dans les brumes du Kivu.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus