L’aveu est tombé comme un coup de tonnerre : « Le président Kabila n’est pas en contradiction avec ce que les rebelles font. Ses objectifs sont ceux de l’AFC/M23. » Cette déclaration, signée Kikaya Bin Karubi, conseiller historique de l’ancien chef de l’État, ne laisse plus place à l’ambiguïté. Ce n’est plus une insinuation, ni même une rumeur savamment entretenue : c’est une déclaration de guerre à la vérité républicaine, un acte de trahison politique sans précédent.
Car l’AFC/M23 n’est pas une force politique classique. C’est un groupe armé, financé, entraîné et dirigé avec la bénédiction du Rwanda, et responsable des pires atrocités contre les populations civiles dans l’Est de la RDC. Depuis 2022, Félix Tshisekedi l’avait dit sans détour : « L’AFC/M23, c’est Kabila. » Beaucoup y avaient vu un procès d’intention. Le temps a fait son œuvre, et aujourd’hui les masques tombent.
Ce que révèle Kikaya, c’est une convergence assumée, une identification politique à un projet militaire criminel. Joseph Kabila, qui avait combattu le M23 durant ses années de règne, se retrouve désormais présenté comme leur allié idéologique. Un retournement inquiétant, qui jette une lumière glaçante sur l’ambiguïté de son héritage. Était-il l’adversaire du M23 ou simplement son architecte clandestin ? Ce silence, ce refus obstiné de se désolidariser de tels propos, conforte l’hypothèse d’un jeu double.
Et pendant que les Congolais meurent sous les balles des hommes de l’AFC, le camp de Kingakati avance masqué sur le plan diplomatique, tentant de redorer son image à Washington en diabolisant le pouvoir en place, qualifié de « dictature ». Une rhétorique cynique qui tente de justifier l’injustifiable : le recours aux armes pour reconquérir une parcelle de pouvoir perdue dans les urnes.
La République démocratique du Congo fait face à un danger interne bien plus sournois que toutes les incursions étrangères. Celui d’un ancien président qui, après avoir dirigé l’État, semble désormais prêt à le démolir. Dans ce contexte, le silence devient complicité. Et la parole de Kikaya, un aveu tragique de ce projet funeste.
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