Face à un monde en mutation rapide, la République démocratique du Congo choisit l’offensive et la diversification. En se rendant cette semaine au Japon, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka engage son pays dans une dynamique nouvelle d’ouverture économique et de diplomatie stratégique. Après l’Europe, l’Asie : à Tokyo puis à Osaka, la cheffe du gouvernement déploie une vision claire — faire de la RDC un partenaire incontournable des grandes puissances industrielles, en misant sur ses ressources critiques, son potentiel vert et son capital humain. L’agenda est dense : tête-à-tête avec le Premier ministre japonais, forum économique bilatéral, signature attendue d’un accord dans le secteur minier, exposition du « Made in Congo » à l’Exposition universelle, coopération académique et célébration symbolique de la fête de l’indépendance avec la diaspora. Sur tous les fronts, Kinshasa avance ses pions pour inscrire durablement la RDC dans les flux économiques mondiaux, en réinventant son image : celle d’un État en transition, ambitieux, attractif et stratégiquement positionné au cœur des enjeux du XXIe siècle.
Arrivée mercredi 25 juin dans la capitale nippone, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, ouvre une nouvelle séquence diplomatique majeure pour son pays. Après l’Italie, cap sur l’Asie, où la cheffe du gouvernement mène une offensive diplomatique et économique de premier plan. Objectif affiché : inscrire durablement la RDC dans les grands flux de l’économie mondiale, en valorisant son potentiel stratégique et en diversifiant ses partenaires.
À Tokyo, Judith Suminwa va s’entretenir avec son homologue japonais Ishiba Shigeru, dans un esprit de convergence autour des grands enjeux de développement durable, d’investissement industriel et de coopération technologique. Dans un contexte mondial marqué par la quête de matières premières stratégiques et par la transition énergétique, la RDC entend faire valoir ses nombreux atouts : un sous-sol riche, des forêts primaires encore intactes, une jeunesse dynamique et un immense potentiel agricole.
Le clou de ce déplacement aura lieu à Osaka, où se tiendra le Forum d’affaires RDC-Japon, co-organisé avec la JETRO (Japan External Trade Organization). Kinshasa y présentera un portefeuille étoffé d’opportunités, allant des mines à l’agro-industrie, en passant par les infrastructures vertes. Un protocole d’accord est d’ores et déjà annoncé dans le secteur minier, avec à la clé des investissements orientés vers une exploitation responsable et durable.
Tokyo mise sur le « capital vert » congolais
Le Japon voit en la RDC un partenaire stratégique pour ses engagements climatiques. Avec plus de 60 % des forêts du bassin du Congo – deuxième poumon écologique de la planète –, des ressources hydriques considérables et des métaux rares cruciaux pour les batteries et les énergies propres, le pays est au centre des attentions. Tokyo ambitionne de renforcer la coopération bilatérale sur la technologie verte, la gestion durable des ressources et la lutte contre le changement climatique.
Cette convergence d’intérêts ouvre la voie à une nouvelle ère de collaboration basée sur l’innovation, la protection de l’environnement et les investissements éthiques.
Osaka, vitrine du « Made in Congo »
Autre moment fort de cette visite : la participation de la RDC à l’Exposition universelle d’Osaka, où Kinshasa bénéficie d’un pavillon dédié. Un levier puissant de visibilité, conçu pour promouvoir les produits congolais à haute valeur ajoutée, présenter les réformes structurelles en cours et attirer les investisseurs asiatiques. L’occasion aussi, pour les autorités congolaises, de repositionner l’image du pays sur la scène internationale, autour d’un narratif de stabilité, de résilience et d’ambition économique.
Au-delà des enjeux économiques immédiats, Judith Suminwa placera également le développement du capital humain au cœur de son programme. Une visite est prévue à l’université d’Osaka, avec l’ambition d’établir des partenariats scientifiques, de favoriser les échanges universitaires et de soutenir la modernisation du système éducatif congolais. Cette approche s’inscrit dans la vision stratégique du Président Félix Tshisekedi, qui fait de la connaissance un moteur de transformation structurelle.
Une fête d’indépendance sous le signe du renouveau
Enfin, ce séjour permettra à la Première ministre de rencontrer la communauté congolaise du Japon à l’occasion de la célébration anticipée de la fête de l’indépendance du 30 juin. Un moment à haute valeur symbolique, dans un pays ami, marqué par une volonté commune d’approfondir les liens humains, culturels et économiques. À travers cette tournée, Kinshasa confirme sa volonté de rompre avec l’enclavement diplomatique et de porter la voix d’une Afrique ambitieuse, partenariale et tournée vers l’avenir.
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