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Kinshasa
17 avril, 2026 - 16:42:39
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Sur les lignes rouges, Patrick Muyaya se montre clair Doha : la RDC ne cède rien, elle impose ses principes

Alors que certains s’obstinent à présenter la Déclaration de principes de Doha comme une reddition, Kinshasa affirme avec force qu’il s’agit d’un tournant stratégique au service de la paix. Pour Patrick Muyaya, la RDC ne recule pas : elle impose ses conditions, encadrées par la Constitution, le droit international et les résolutions onusiennes. Retrait du M23, restauration de l’autorité de l’État, protection des civils : les lignes rouges sont intactes. À ceux qui, par calcul ou intérêt, préfèrent entretenir le chaos, le gouvernement oppose la clarté d’une volonté politique : mettre fin à l’économie de guerre et redonner sens à la souveraineté.

Dans un climat de tension narrative où certains milieux politiques et analystes s’empressent de présenter la signature de la Déclaration de principes de Doha comme une capitulation face au groupe armé M23, Kinshasa choisit la transparence et la fermeté. Porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya a, dès samedi soir, recadré le débat. Il n’est nullement question, selon lui, de renoncer à la souveraineté ou à la justice : la République démocratique du Congo (RDC) réaffirme ses lignes rouges et impose ses termes dans un processus de paix multilatéral, encadré par le droit international.

« La Déclaration de principes qui vient d’être signée à Doha avec l’AFC/M23, sous la facilitation du Qatar, se fonde sur le respect strict de la Constitution de la RDC, les Chartes des Nations unies et de l’Union africaine, le droit international et les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la Résolution 2773 », a précisé M. Muyaya. Un texte qui, selon lui, s’inscrit également dans la droite ligne de l’accord de Washington, signé sous la supervision américaine.

Loin d’une concession ou d’un compromis boiteux, cette déclaration marque, selon Kinshasa, un « jalon stratégique » dans la marche vers un accord de paix global. Patrick Muyaya insiste sur le fait que toutes les exigences fondamentales de la RDC ont été intégrées : le retrait sans condition des troupes de l’AFC/M23 des zones occupées, la restauration de l’autorité de l’État, et la protection des populations civiles.

Une signature qui réaffirme les principes intangibles de Kinshasa

Dans le détail, le document signé prévoit le déploiement progressif des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Police nationale congolaise (PNC), ainsi que des services judiciaires et administratifs dans les zones actuellement sous occupation du groupe armé. « Il contient plusieurs engagements clairs en faveur de la paix, de la protection des civils et de la souveraineté nationale », martèle le porte-parole du gouvernement.

Le message est limpide : Kinshasa n’a rien cédé. Elle impose, au contraire, un cadre juridique et diplomatique qui la replace au centre de la dynamique régionale, avec le soutien explicite des puissances internationales.

La guerre comme rente, la paix comme rupture

En filigrane de cette clarification, le gouvernement congolais dénonce les discours alarmistes entretenus par certains acteurs locaux, pour qui la guerre reste un fonds de commerce. « Pour certains, la guerre est un confort, un calcul, une rente. La perspective d’un règlement politique dérange », observe Patrick Muyaya. Une critique à peine voilée à l’encontre de figures politiques qui redoutent de voir la fin d’un statu quo meurtrier mais lucratif.

Kinshasa affirme désormais que le cycle de fatalisme sécuritaire touche à sa fin. Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, la RDC entend restaurer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire, dans le respect de la dignité des populations meurtries par plus de deux décennies de conflit armé dans la région des Grands Lacs.

Le Qatar, artisan discret d’un basculement diplomatique

Dans un communiqué diffusé le 19 juillet, le gouvernement congolais a salué « l’implication décisive de Son Altesse l’Émir du Qatar, Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, et du gouvernement qatari », dont les efforts de médiation ont permis cette percée diplomatique. Il a également remercié les États-Unis pour leur appui constant dans le cadre du processus de paix de Washington DC.

Le gouvernement a appelé l’Union africaine, les organisations régionales comme l’EAC et la SADC, ainsi que l’ensemble des partenaires internationaux à maintenir leur soutien jusqu’à la signature d’un accord de paix définitif, prévu « dans les prochains jours ».

La paix à l’épreuve de la sincérité

À ceux qui dénoncent un texte vide ou ambigu, Patrick Muyaya répond que le contenu engage clairement toutes les parties sur des principes précis et non négociables. Reste désormais à tester la sincérité de chacun dans sa mise en œuvre.

« Cette déclaration ouvre la voie à un accord global pour mettre fin durablement au conflit. Elle répond à l’aspiration profonde du Président de la République de restaurer la paix dans l’Est de notre pays », a-t-il conclu.

Un cap est franchi. Si les armes se taisent et que les engagements sont tenus, cette séquence diplomatique pourrait marquer un tournant dans la longue histoire de la guerre à l’Est. Aux sceptiques de s’habituer à une idée encore neuve : celle d’une RDC qui négocie sans abdiquer, et impose la paix sans renier sa souveraineté.

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