Dans un contexte où les relations sud-sud gagnent en intensité et en complexité, la soutenance de la thèse d’Othman Sqalli Houssaini, jeudi à l’Université Euromed de Fès, constitue un événement intellectuel majeur. Son travail, fruit d’une enquête minutieuse et d’une analyse fine, révèle les multiples facettes d’une politique de coopération ambitieuse, mêlant pragmatisme économique et rayonnement culturel. Cette recherche offre ainsi une clé pour comprendre les enjeux actuels et futurs d’une diplomatie marocaine résolument tournée vers l’Afrique.
Jeudi 24 juillet, l’Université Euromed de Fès (UEMF) a été le théâtre d’un moment académique majeur avec la soutenance publique de la thèse de doctorat d’Othman Sqalli Houssaini. Intitulée « La politique de la coopération africaine du Royaume du Maroc : Réalités, contraintes et perspectives », cette recherche exhaustive de plus de 400 pages jette un éclairage neuf sur une diplomatie marocaine en pleine expansion sur le continent.
Sous la direction du professeur
Abderrahmane Tenkoul, figure respectée des sciences sociales, et devant un jury international de haut vol — présidé par le professeur Abdelhak Azzouzi et composé notamment d’universitaires sénégalais, marocains et ivoiriens —, la thèse a reçu un accueil enthousiaste. Le jury n’a pas hésité à qualifier ce travail de « brillant » et porteur d’une réflexion stratégique d’envergure.
À travers une analyse rigoureuse, nourrie de plus de 120 ouvrages, plus d’une centaine d’articles et de multiples entretiens avec des experts, Othman Sqalli Houssaini retrace le retour triomphal du Maroc à l’Union africaine en 2017 et sa politique de coopération fondée sur le principe du « gagnant-gagnant ». Cette diplomatie s’appuie sur des partenariats solides avec des nations clés comme le Sénégal, la Tanzanie, la Côte d’Ivoire ou encore le Nigéria.
L’étude met en lumière les multiples dimensions de cette coopération, alliant investissements économiques conséquents — dans la banque, l’agriculture, l’énergie ou les infrastructures — à un rayonnement culturel et religieux soutenu. La Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains, pilier de cette politique, œuvre ainsi à la formation des imams, à la promotion d’un islam modéré et au dialogue interreligieux, consolidant un soft power marocain au service de la stabilité continentale.
Le volet universitaire n’est pas en reste : échanges académiques, bourses pour étudiants africains, collaborations en recherche… Autant d’initiatives qui ancrent la coopération dans une dynamique durable, renforçant les liens entre les peuples et les savoirs.
La soutenance a réuni un public nombreux et diversifié — universitaires, chercheurs, magistrats et élus — preuve de l’intérêt grandissant pour cette politique africaine au-delà des cercles diplomatiques. Ce travail de doctorat s’impose ainsi comme une contribution majeure à la compréhension des dynamiques sud-sud, dans un contexte où l’Afrique cherche à s’affirmer comme un acteur autonome et unifié.
Othman Sqalli Houssaini ouvre par là la voie à une réflexion approfondie sur l’avenir de la coopération maroco-africaine, dont la dimension stratégique pourrait dessiner de nouveaux contours pour un continent en quête de développement partagé et d’intégration.
Infos27 avec leconomiste.com

