Accusé de détournement de 19 millions de dollars, l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba a vu ses exceptions rejetées ce mercredi 30 juillet 2025 par la Cour de cassation. Malgré deux requêtes en inconstitutionnalité et une contestation de la levée de ses immunités, la Cour a ordonné la poursuite du procès. La défense réclame l’audition de plusieurs hauts responsables pour éclairer les responsabilités.
Le procès de Constant Mutamba, ex-ministre de la Justice accusé de détournement de 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, s’est poursuivi ce mercredi 30 juillet 2025 à la Cour de cassation. La défense a vu ses multiples exceptions rejetées, notamment celles liées à deux requêtes en inconstitutionnalité introduites devant la Cour constitutionnelle. La Cour de cassation a estimé qu’elle ne pouvait se prononcer sur des questions déjà soumises à une autre juridiction, appliquant le principe d’« exception sur exception ».
Mutamba, présent à l’audience, a dénoncé une procédure politique visant à l’éliminer en tant qu’adversaire : « Si on m’avait laissé le temps de m’exprimer, on n’en serait pas là aujourd’hui. Malheureusement, leur seul objectif était de faire disparaître un adversaire politique. Je ne vais pas fuir, j’irai jusqu’au bout », a-t-il affirmé.
La défense a également contesté la régularité de la levée des immunités parlementaires de son client, mais la Cour a rejeté ces arguments et ordonné la poursuite du procès.
Les avocats de Mutamba ont dénoncé la gestion de la procédure par la Cour, critiquant les retraits à huis clos des juges qu’ils qualifient de « scénario sans précédent ». Leur demande de remise de deux mois a été rejetée. L’audience reprendra le 4 août prochain.
Dans sa stratégie de défense, Constant Mutamba demande l’audition de plusieurs hauts responsables, notamment la Première ministre Judith Suminwa, trois ministres en fonction, dont l’ancienne garde des Sceaux Rose Mutombo, ainsi que des cadres de l’Inspection générale des finances. Ses avocats estiment que ces auditions sont nécessaires pour faire la lumière sur les responsabilités dans la gestion des 19 millions de dollars en cause. Ce procès continue de susciter de vifs débats au sein de l’opinion congolaise, dans un climat marqué par des tensions politiques et des appels à la transparence.
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