Face aux convulsions du monde, l’Afrique veut rappeler une évidence : sans paix, il n’y a pas de développement. C’est ce message qu’a porté avec force la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, lors de son intervention à la TICAD 9, ouverte à Yokohama. Venue représenter le président Félix-Antoine Tshisekedi, elle a affirmé devant un auditoire de dirigeants et de partenaires internationaux que la stabilité n’est pas un luxe, mais « le socle de toute prospérité ». Dans un continent riche de potentialités mais encore meurtri par les conflits, cette parole résonne comme un appel à l’action collective. Pour la République démocratique du Congo, au cœur des turbulences de la région des Grands Lacs, le choix est clair : la paix d’abord, afin de garantir aux populations déplacées un retour digne et d’ancrer la région dans une dynamique d’intégration économique durable. Mais au-delà du constat sécuritaire, Judith Suminwa a défendu une vision plus large, celle d’une innovation entendue non seulement comme progrès technologique, mais aussi comme refondation politique, économique et sociale. Former les jeunes, autonomiser les femmes, bâtir des infrastructures qui relient les marchés, investir dans les énergies propres : autant de priorités érigées en conditions d’un développement inclusif.
La neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9), ouverte à Yokohama, a placé la paix et la sécurité au cœur des débats. Lundi 20 août, la Première ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa Tuluka, est intervenue devant un parterre de chefs d’État, de responsables internationaux et d’investisseurs, pour rappeler que « la stabilité est le socle de toute prospérité ».
Prenant la parole au nom du président Félix-Antoine Tshisekedi et du peuple congolais, elle a salué « l’engagement constant du Japon en faveur du développement de l’Afrique », tout en rappelant que la TICAD, lancée en 1993, est devenue « un véritable cadre stratégique pour bâtir un partenariat équilibré et durable ».
La stabilité comme condition du développement
Mme Suminwa a insisté sur l’urgence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs, où la RDC est confrontée à des violences récurrentes. Elle a souligné les efforts de Kinshasa, qui a récemment conclu deux accords visant à instaurer un cessez-le-feu durable, garantir le retour sécurisé des déplacés et promouvoir une véritable intégration économique régionale.
« La République Démocratique du Congo salue particulièrement l’importance accordée à la paix et à la sécurité, piliers sans lesquels aucun développement ne peut être durable », a-t-elle martelé.
Une vision élargie du développement
Au-delà de la sécurité, la Première ministre a appelé à des transformations structurelles profondes. Selon elle, l’innovation doit englober non seulement la technologie mais aussi « des solutions politiques, économiques et sociales capables de transformer nos défis en opportunités ».
Parmi les priorités énumérées : renforcer les mécanismes de prévention et de règlement pacifique des différends, moderniser les infrastructures pour relier les marchés, former la jeunesse et autonomiser les femmes, investir dans les énergies propres et gérer durablement les ressources naturelles.
Le Japon, un partenaire de confiance
Dans son allocution, Judith Suminwa a rendu hommage au rôle du Japon, qu’elle a qualifié de « partenaire de choix ». Elle a salué « l’expertise et la vision à long terme » de Tokyo, soulignant que la TICAD « constitue un pont solide de confiance et de respect mutuel entre l’Afrique et le Japon ».
Son intervention a été accueillie avec intérêt dans un contexte marqué par une attente accrue de résultats concrets lors de cette neuvième édition de la TICAD, où se mêlent espoirs de paix, sécurité régionale et perspectives de croissance partagée.
Créée en 1993, la TICAD est organisée tous les trois ans par le Japon, en partenariat avec l’Union africaine, l’ONU et la Banque mondiale. Cette conférence vise à promouvoir la paix et la sécurité, encourager les investissements et partenariats, et soutenir un développement durable incluant infrastructures, énergie, éducation et santé.
TICAD 9 : le HCR appelé à une identification rigoureuse des réfugiés rapatriés en RDC
Par ailleurs, la question des réfugiés a pris une place centrale dans les échanges de la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, avec Raouf Mazou, Haut-Commissaire adjoint chargé des opérations du HCR, rencontrés en marge de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 9).
Judith Suminwa a souligné l’importance d’un processus encadré et rigoureux pour le rapatriement des réfugiés congolais au Rwanda et des réfugiés rwandais en RDC. « Une identification claire et transparente est indispensable afin d’éviter tout dérapage et de prévenir de nouvelles crises », a-t-elle martelé, insistant sur le rôle clé que doit jouer le HCR dans cette opération délicate.
La cheffe du gouvernement a également évoqué la situation des réfugiés congolais vivant au Burundi, appelant l’agence onusienne à assurer leur encadrement jusqu’à leur retour volontaire en RDC.
En réponse, Raouf Mazou a salué les efforts de paix en cours dans la région des Grands Lacs. « Nous nous félicitons du processus engagé, qui devrait permettre un retour rapide des réfugiés dans la dignité et la sécurité », a-t-il déclaré, rappelant que le mandat du HCR consiste à garantir que ces rapatriements restent volontaires et sécurisés.
Selon l’agence, plusieurs milliers de Congolais se sont réfugiés au Rwanda au fil des années, fuyant l’instabilité chronique dans l’Est du pays. À l’inverse, des réfugiés rwandais vivent en RDC depuis plusieurs décennies.
Ces mouvements de populations font désormais l’objet d’un accord tripartite signé à Addis-Abeba entre la RDC, le Rwanda et le HCR. Celui-ci vise à relancer le processus de retour volontaire et sécurisé des réfugiés rwandais en RDC et des réfugiés congolais au Rwanda, dans un contexte de détente progressive.
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