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13 mai, 2026 - 05:29:14
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Kabila, vivement des sanctions administratives complémentaires

Plus d’une semaine après sa condamnation historique à la peine capitale pour haute trahison et collaboration avec l’ennemi (RDF-AFC/M23), le nom de Joseph Kabila domine toujours le fronton du quartier des Forces terrestres des FARDC qui abrite, tenez bien, le Collège de hautes études de stratégie et de défense de la RDC, sur l’avenue des Forces armées anciennement Haut-commandement, à califourchon de la caserne Kokolo et de l’imposante tour Dr Étienne Tshisekedi, siège de l’Inspection générale des finances (IGF). Comment l’organe de la loi dans son réquisitoire sinon les juges de la Haute cour militaire dans leur verdict ont-ils manqué de marquer le caviardage du nom de Kabila sinon la débaptisation de tout édifice portant le nom du banni de la République.

De l’avis des analystes, l’État au nom de qui la justice est rendue se vautrerait, par son inaction, dans boue de l’illogique…comparable à des vichystes de Goma où le condamné au trépas et wanted à l’échiquier international, selon la sentence de la Haute cour militaire, aura été vu la dernière fois en terres congolaises.

Dans la capitale provinciale du Nord-Kivu, il a, en effet, été érigé une amphithéâtre du CHESD portant le nom de Chanzu, en souvenir de cette bourgade à la lisière septentrionale du Congo et du Rwanda, dernière poche de résistance du M23 totalement anéantie par les FARDC du  » commandant suprême Joseph Kabila » au point d’annoncer , urbi et orbi, la renonciation à la lutte armée, le 4 novembre 2013. Et deux semaines plus tard, le 20, Joseph Kabila parcourt tantôt à pied, tantôt à bord d’un véhicule à Goma… comme Charles de Gaulle dans Paris libérée.

Mais contrairement à De Gaulle, Kabila ne dira mot à la population venue pourtant l’accueillir en masse et en liesse. Esquissant parfois un sourire… terne, il salue furtivement la foule, puis s’esquisse pour « se reposer dans la périphérie de Goma », a indiqué une source de la présidence aux médias.

De nombreuses banderoles avaient pourtant été accrochées dans la ville pour saluer l’arrivée de M. Kabila et la fin de la guerre contre le Mouvement du 23 mars (M23), qui s’était emparé de Goma le 20 novembre 2012 et en ‘avait été chassé onze jours plus tard grâce à l’appui des commandos tanzaniens ainsi que de la Monusco. Les alliés étaient-ils allés trop loin? Le Rais, comme l’appellent ses soutiens, n’a guère manifesté d’enthousiasme au cri de joie et laudations du type

« La population du Nord-Kivu vous félicite pour avoir terminé la guerre à l’est », où plusieurs dizaines d’autres qualifiaient Kabila de « véritable artisan de la paix et unificateur de la RDC », ou saluaient la « libération des territoires occupés » et les efforts de « stabilisation de l’Est », selon un article d’africaradio.com daté du 30 novembre 2013.

De son côté, Lutte pour le changement (Lucha), un mouvement citoyen, demandait notamment dans ses slogans la non-intégration dans l’armée des miliciens dont plusieurs centaines se sont rendus depuis la chute du M23, espérant une reconversion dans l’armée ou la police. Bernique. Beaucoup seront, bien après, mixés et brassés, en clair, incorporés dans les FARDC et la PNC. Pis, selon un habitant et la radio Okapi parrainée par l’ONU, le chef du territoire de Nyiragongo, qui jouxte Goma, Dominique Bonfondo, a été heurté par une voiture du cortège présidentiel et grièvement blessé. Véritable mauvais présage. L’opinion se souviendra qu’à la Conférence nationale souveraine ( CNS), la plénière avait résolu de soustraire le nom de Mobutu de celui-ci de sa défunte épouse, Marie-Antoinette de l’appellation d’un centre de formation pour jeunes filles ainsi que d’un faubourg de Kinshasa. Ainsi le centre Mama Mobutu devint centre Marie-Antoinette autant pour la cité Mama Mobutu. En RCA, après sa condamnation, l’empereur Bokassa n’était en souvenir qu’à Kinshasa où une artère intercommunale a longtemps porté son nom. Autres édifices, à Kindu, capitale provinciale du Maniema, le principal stade devrait aussi annuler tel un but du fait d’un précédent jeu illicite le nom du condamné. L’idée fait débat, fait comprendre cet étudiant de l’Université Mapon, qui dit toujours attendre la réaction, depuis son exil, de l’ancien premier ministre, Augustin Matata Ponyo, sur la condamnation de Joseph Kabila dont il avait décliné l’offre d’adhérer au FCC. Ce regroupement politique est qualifié, dans l’opinion, de Fosse Commune pour les Congolais. Et l’étudiant de regretter sur son compte X, ce qu’il appelle le manque de machiavélisme chez Kabila.

« Demain, je serai à Kinshasa pour rencontrer le président de la République, mon frère et successeur, Félix Tshisekedi à qui j’ai cédé pacifiquement le pouvoir ». Admettons une seule fois que ces propos étaient sortis de la bouche de Joseph Kabila, lors de son arrivée à Goma, poursuit-il. L’étudiant estime que le sénateur à vie aujourd’hui condamné à mort aurait eu droit, sans doute, à un accueil triomphal à Kinshasa comme le Christ à Jérusalem. Le pyromane pouvait si bien jouer le premier rôle de sapeur-pompier, et l’opinion publique oublierait qu’il a déjà accompli ses deux mandats à la tête de l’État, pense-t-il.
Pour mémoire, le Trophée Mobutu récompensant le meilleur sportif africain a été boycotté, au milieu des années 90, par toutes les instances disciplinaires du continent du fait des atteintes massives aux droits humains par le dictateur zaïrois. Attendons voir.

Pold LEVI

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