Ce n’est pas un simple rendez-vous institutionnel que Kinshasa s’apprête à accueillir. En confirmant la tenue, en 2026, du 8ᵉ Congrès de la Conférence des Juridictions Constitutionnelles Africaines (CJCA) sur le sol congolais, l’Afrique juridique adresse un signal clair : la République démocratique du Congo s’impose désormais comme un acteur crédible du dialogue constitutionnel continental. Ce choix, hautement symbolique à l’heure où les cours constitutionnelles sont appelées à arbitrer les tensions politiques, à encadrer les transitions démocratiques et à préserver l’État de droit, consacre une dynamique institutionnelle assumée. Il doit beaucoup à l’action du président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta, qui a su tracer une voie nouvelle pour l’influence internationale des institutions judiciaires congolaises, en s’imposant comme une voix africaine dans les grands débats sur l’avenir de la démocratie. Cette avancée diplomatique, au-delà des discours, pourrait produire des effets durables sur le respect du droit et des libertés fondamentales dans le pays. Pour la RDC, longtemps perçue à travers le prisme de la crise, ce congrès ouvre une autre lecture : celle d’un État qui entend désormais peser sur les normes, les principes et l’architecture juridique du continent.
La République démocratique du Congo entre officiellement dans la phase préparatoire du 8ᵉ Congrès de la Conférence des Juridictions Constitutionnelles Africaines (CJCA), qui se tiendra à Kinshasa en 2026. L’annonce a été confirmée mercredi 17 décembre par le secrétaire général permanent de la CJCA, Moussa Laraba, en visite officielle dans la capitale congolaise.
Originaire d’Algérie, pays qui abrite le siège de l’organisation, Moussa Laraba a rappelé que la RDC avait été désignée à l’unanimité lors de la dernière Assemblée générale de la CJCA, tenue en 2024 à Victoria Falls, au Zimbabwe. Un choix qui traduit, selon lui, la reconnaissance du rôle croissant de Kinshasa dans les instances juridiques africaines.
« C’est un méga congrès qui réunira plus de cinquante pays d’Afrique, mais aussi d’autres continents, ainsi que plusieurs organisations internationales actives dans le domaine de la justice constitutionnelle », a déclaré le secrétaire général devant la presse, soulignant l’ampleur et la portée internationale de l’événement.
Accueilli par le président de la Cour constitutionnelle congolaise, Dieudonné Kamuleta Badibanga, Moussa Laraba s’est dit rassuré par l’engagement des autorités congolaises à garantir le succès de cette rencontre continentale. Cette première mission de terrain marque le lancement officiel des préparatifs logistiques, institutionnels et protocolaires.
L’organisation du précédent congrès ayant été assurée par le Zimbabwe, une mission conjointe a été menée à Kinshasa par les représentants zimbabwéens et ceux du secrétariat général de la CJCA basé à Alger, afin d’assurer une transmission d’expérience et une continuité organisationnelle.
Un rendez-vous juridique à forte portée politique
Au-delà de son aspect académique et institutionnel, le congrès de la CJCA constitue un espace stratégique de réflexion sur le rôle des juridictions constitutionnelles dans des contextes politiques souvent marqués par des crises électorales, des transitions délicates et des débats sur la séparation des pouvoirs. En accueillant ce forum, la RDC se positionne comme un lieu de dialogue juridique africain à un moment où la consolidation de l’État de droit demeure un enjeu central pour le continent.
Kinshasa, en 2026, ne sera donc pas seulement une ville hôte, mais une scène où se discutera l’avenir constitutionnel de l’Afrique.
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