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15 mai, 2026 - 03:45:01
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RDC : le DG de l’OCC sommé de s’expliquer après des soupçons de système parallèle et 25 millions USD de pertes

Nouveau front dans la lutte pour la traçabilité des recettes publiques. Le directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC) est mis en cause par son ministre de tutelle, Julien Paluku, qui l’accuse d’avoir laissé fonctionner un système informatique parallèle de gestion des importations, en dehors des circuits officiels. Selon le ministère du Commerce extérieur, cette duplication opaque aurait favorisé de fausses attestations de vérification et provoqué un manque à gagner estimé à 25 millions de dollars pour la seule année 2025. Saisi par correspondance, le dirigeant dispose de vingt jours pour produire des explications écrites et documentées. Une affaire qui ravive les soupçons récurrents de fraudes dans les régies économiques stratégiques du pays.

Le ton est ferme, la procédure formelle. Dans une correspondance adressée à la direction générale de l’Office congolais de contrôle (OCC), le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, met en cause la gestion interne de l’établissement public chargé de certifier la conformité des marchandises à l’importation. Au cœur des griefs : l’existence présumée d’un système informatique parallèle de contrôle des importations, opérant en marge des dispositifs officiels.

Selon le ministère, cette architecture non homologuée aurait été déployée notamment à la direction provinciale de Matadi ainsi que dans le Haut-Katanga, deux pôles majeurs du commerce extérieur congolais.

Un système jugé « opaque »

Dans sa lettre, le ministre évoque un mécanisme fonctionnant « en dehors des protocoles établis », échappant aux outils de traçabilité de l’administration centrale. Une situation qui, selon lui, fragilise la fiabilité des données douanières et ouvre la voie à des manipulations.

L’existence de ce dispositif parallèle aurait favorisé la délivrance de fausses attestations de vérification (AV), documents indispensables au dédouanement des marchandises.

Le ministère avance le chiffre de 6 640 dossiers irréguliers placés sous la supervision de la direction générale.

Un manque à gagner de 25 millions de dollars

Conséquence directe, selon Julien Paluku : une perte financière importante pour le Trésor public.

La duplication du système de contrôle aurait engendré « un manque à gagner estimé à 25 millions de dollars pour le seul exercice 2025 », précise le ministère.

Dans un contexte de pression budgétaire et de mobilisation accrue des recettes internes, ce montant est jugé significatif.

« Les régies économiques doivent être irréprochables », insiste une source au sein du ministère, soulignant que « chaque fuite de recettes pénalise directement les capacités de l’État à financer les services publics ».

Une demande d’explications sous vingt jours

Plutôt qu’une sanction immédiate, le ministre a opté pour une procédure contradictoire.

Le directeur général dispose d’un délai de vingt jours pour transmettre des « explications écrites et documentées » sur l’installation du système incriminé et sur l’évaporation des recettes liées aux attestations suspectes.

Cette étape doit permettre d’établir les responsabilités administratives avant toute décision éventuelle.

À ce stade, aucune réaction officielle de la direction générale de l’OCC n’a été rendue publique.

Un climat de surveillance renforcée des régies

Cette affaire intervient quelques semaines seulement après les mesures prises contre le directeur général de l’OGEFREM, d’abord mis en accusation puis suspendu par le ministère des Transports.

Deux dossiers successifs qui illustrent la volonté affichée du gouvernement de resserrer le contrôle sur les entreprises publiques stratégiques, longtemps accusées d’opacité et de pertes chroniques.

L’OCC occupe une place clé dans la chaîne du commerce extérieur : ses certifications conditionnent l’entrée des marchandises sur le territoire et influencent directement les recettes douanières. Toute défaillance dans son système de contrôle peut donc avoir des répercussions budgétaires majeures.

Enjeu de crédibilité

Au-delà des montants avancés, l’affaire pose la question de la gouvernance numérique des régies financières. La multiplication d’outils parallèles ou non interconnectés complique la traçabilité et alimente les soupçons de fraudes.

Pour le ministère du Commerce extérieur, l’objectif est clair : centraliser les données, sécuriser les procédures et restaurer la confiance.

Reste désormais à savoir si les explications du directeur général permettront de lever les doutes ou si cette mise en cause débouchera sur des sanctions plus lourdes.

Dans un pays où la mobilisation des recettes internes est devenue un impératif politique, chaque défaillance institutionnelle prend désormais des allures d’affaire d’État.

Infos27

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