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12 juin, 2026 - 05:29:39
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Condamné pour détournement de fonds du PAI Bukanga-Lonzo, Matata contredit par Kabuya : « Il a menti, le chef de l’État ne l’a jamais sollicité »

La riposte est frontale et sans nuance. Samedi 7 février, lors d’une matinée politique, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social, Augustin Kabuya, a livré une charge directe contre Matata Ponyo Mapon. Il affirme que l’ancien Premier ministre n’a jamais été sollicité par le chef de l’État, contrairement à ce qu’il soutient publiquement. Pire, selon lui, Matata a personnellement demandé son intervention pour échapper aux poursuites judiciaires liées au dossier Bukanga-Lonzo. Rencontre discrète à la Gombe, confidences sur ses ennuis judiciaires, critiques contre son ancien camp : Kabuya décrit une démarche de protection politique refusée au nom de l’État de droit. Une version qui fragilise davantage la défense de l’ex-chef du gouvernement.

Cette fois, l’attaque est assumée. Devant les militants de son parti, Augustin Kabuya ne prend aucun détour et contredit frontalement Matata Ponyo Mapon. « Contrairement à ce qu’a dit Matata, le chef de l’État ne l’a jamais sollicité pour travailler avec lui », affirme-t-il.

Le responsable de l’UDPS assure que la démarche vient de l’ancien Premier ministre lui-même. « C’est lui qui m’a chargé de plaider en sa faveur auprès du chef de l’État afin de se soustraire aux poursuites judiciaires. »

« Cette affaire de justice le tourmentait »

Augustin Kabuya rapporte une discussion directe.

« Matata m’a dit qu’il avait besoin d’accompagner le chef de l’État et de l’aider. Il m’a dit être disponible pour servir son pays derrière le chef de l’État, mais que cette affaire de justice le tourmentait. »

La référence vise clairement le dossier Bukanga-Lonzo, devenu emblématique des accusations de détournements massifs de fonds publics sous son gouvernement.

Selon Kabuya, Matata se présente alors comme « un simple exécutant », soutenant que « tous les ordres venaient d’en haut ». Il tient également, ajoute-t-il, « des propos très durs à l’égard de son chef Joseph Kabila ».

Le secrétaire général de l’UDPS décrit une entrevue discrète dans le quartier de la Gombe. « Je l’ai reçu dans une résidence, à pas feutrés », raconte-t-il.

Souhaitant éviter toute ambiguïté, il informe immédiatement le chef de l’État. « Je lui ai clairement dit que je ne fais rien sans en informer le chef de l’État. Je lui ai même demandé qu’on prenne une photo avec mon téléphone afin de l’envoyer au chef de l’État. »

Le message de la présidence est, dit-il, sans appel : « Nous nous sommes battus pour un État de droit. S’il a volé l’argent de la République, la justice doit faire son travail. Pourquoi voudrait-il se cacher derrière moi ? »

Une mise en cause politique sévère

Au-delà des révélations, l’intervention prend la forme d’un réquisitoire politique. Kabuya accuse Matata de réécrire son histoire et de se présenter aujourd’hui comme partenaire potentiel du pouvoir.

« Lorsqu’il dit aujourd’hui le contraire, c’est de la sorcellerie », ironise-t-il.

Il va plus loin encore en évoquant le crash aérien de Kavumu en 2012 et s’interroge sur les circonstances de son accession rapide à la primature : « Comment quelqu’un ayant subi un traumatisme crânien peut-il devenir Premier ministre une semaine seulement après ? »

Le message de l’UDPS est limpide : aucune médiation, aucune couverture.

« Oui, j’ai tout divulgué. Le chef de l’État ne l’a jamais sollicité », conclut Kabuya.

Dans un contexte où la lutte contre l’impunité est devenue un marqueur du pouvoir, ces déclarations renforcent l’isolement politique de Matata Ponyo. Le terrain judiciaire reste décisif. Mais sur le plan politique, l’offensive est désormais ouverte et sans conditionnel.

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