Au cœur du Kasaï Oriental, la justice congolaise expose ses fragilités structurelles. En déplacement à Mbujimayi, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a été confronté mercredi aux doléances pressantes des magistrats, qui dénoncent des conditions de travail précaires, un manque criant d’infrastructures et l’insuffisance de moyens pour rendre des décisions dans des délais raisonnables. Cette rencontre, organisée dans la salle d’audience de la Cour d’appel, a mis en lumière l’écart persistant entre les ambitions de réforme judiciaire affichées à Kinshasa et les réalités quotidiennes des juridictions de l’intérieur du pays. Face à ces préoccupations, le garde des Sceaux a promis des mesures transitoires, notamment la création d’un fonds judiciaire et des projets d’infrastructures, tout en appelant à la patience. Pour les magistrats, l’urgence reste néanmoins entière : sans ressources ni personnel suffisant, la justice risque de continuer à fonctionner au ralenti dans cette province du centre de la République démocratique du Congo.
Le ministre d’État en charge de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a rencontré mercredi les magistrats des juridictions du Kasaï Oriental à Mbujimayi, chef-lieu de la province, dans le cadre d’une mission de terrain consacrée à l’évaluation du fonctionnement de la justice dans l’intérieur du pays.
La réunion s’est tenue dans la salle d’audience de la Cour d’appel du Kasaï Oriental, où les magistrats ont exposé au ministre leurs principales préoccupations liées à leurs conditions de travail. Ils ont notamment dénoncé l’absence d’infrastructures adéquates, le manque de moyens de transport et l’insuffisance des frais de fonctionnement pour assurer correctement leurs missions.
Selon plusieurs intervenants, certaines juridictions de la province souffrent d’un déficit important de juges, ce qui ralentit le traitement des dossiers et empêche l’administration de la justice dans des délais raisonnables. Cette situation, ont-ils souligné, fragilise l’accès des citoyens à une justice efficace et crédible.
En réponse, le ministre Guillaume Ngefa a salué les efforts consentis par les magistrats malgré les contraintes. Il a expliqué que sa présence à Mbujimayi s’inscrivait dans une démarche de proximité visant à mieux appréhender les réalités locales.
« Étant ministre de proximité et de la périphérie, je suis venu toucher du doigt les réalités du terrain et voir dans quelle mesure y répondre efficacement », a-t-il déclaré devant l’assemblée.
Le garde des Sceaux a également évoqué les réformes en cours dans le secteur judiciaire, affirmant qu’elles s’inscrivent dans la vision du chef de l’État. « Pour notre mandat, le président de la République nous a aussi demandé d’entreprendre des réformes. Dans ce cadre, nous sommes en train de mettre en place un fonds judiciaire, un mécanisme transitoire qui va nous mener vers une loi de programmation judiciaire couvrant beaucoup de vos préoccupations », a-t-il indiqué.
À court terme, le ministre a assuré que son département examinait la possibilité de renforcer les infrastructures judiciaires dans la province, notamment par la construction de prisons, de bâtiments administratifs et de logements pour les magistrats. « Entre-temps, nous étudions la possibilité de construire des prisons, des infrastructures et éventuellement des logements pour les magistrats », a-t-il ajouté.
Pour les magistrats du Kasaï Oriental, la visite du ministre constitue un signal d’attention, mais ils espèrent désormais des actions concrètes susceptibles d’améliorer durablement leurs conditions de travail et l’efficacité de la justice dans la province.
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