La présence croissante d’éleveurs Mbororo dans la province du Nord-Ubangi alarme désormais les autorités congolaises. Réunis en urgence mardi 3 mars à Kinshasa, plusieurs responsables gouvernementaux et provinciaux ont examiné la situation sécuritaire provoquée par l’installation d’environ 3 000 éleveurs nomades accompagnés de près de 30 000 têtes de bétail. Selon les autorités locales, les destructions répétées de champs, les tensions avec les populations agricoles et plusieurs incidents violents ont fait monter la pression dans cette partie du nord de la République démocratique du Congo. À l’issue de cette réunion, le vice-premier ministre chargé de la Défense et des Anciens combattants, Guy Kabombo, a annoncé des mesures sécuritaires immédiates, dont un redéploiement des forces armées pour restaurer l’ordre. Le dossier doit également être porté au plus haut niveau de l’État, avec une saisine du président Félix Tshisekedi. Dans une région déjà fragile, Kinshasa entend éviter que les tensions entre éleveurs nomades et communautés locales ne dégénèrent en crise sécuritaire durable.
La situation sécuritaire dans la province du Nord-Ubangi suscite une vive inquiétude au sein des autorités congolaises. Face à la montée des tensions liées à la présence d’éleveurs Mbororo dans cette région frontalière, une réunion d’urgence s’est tenue mardi 3 mars à Kinshasa.
La rencontre a réuni le vice-premier ministre chargé de la Défense et des Anciens combattants, Guy Kabombo, le ministre du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, ainsi que le gouverneur du Nord-Ubangi, Jean‑Bosco Kotongo. Au centre des échanges : la présence estimée à près de 3 000 éleveurs Mbororo accompagnés d’environ 30 000 têtes de bétail dans plusieurs localités de la province.
Des tensions croissantes avec les populations locales
Selon les autorités provinciales, cette présence massive de troupeaux entraîne de graves conséquences pour les communautés agricoles locales. Les champs cultivés par les habitants sont régulièrement ravagés par le passage des animaux, compromettant les récoltes et aggravant la précarité économique des familles rurales.
Les responsables locaux évoquent également une montée des violences. Un incident particulièrement dramatique a été signalé lors de la réunion : un jeune homme de 23 ans aurait été mortellement poignardé lors d’une altercation impliquant un éleveur Mbororo.
Ces événements ont accentué l’inquiétude parmi les populations, déjà confrontées à des difficultés économiques et à une faible présence de l’autorité publique dans certaines zones rurales.
Kinshasa annonce un redéploiement militaire
Face à cette situation jugée préoccupante, le vice-premier ministre de la Défense a annoncé des mesures immédiates.
Guy Kabombo a indiqué qu’il saisirait rapidement le président de la République, Félix Tshisekedi, afin que la question soit examinée au plus haut niveau de l’État.
Dans l’immédiat, il a ordonné un redéploiement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la zone afin de sécuriser les populations et prévenir de nouveaux affrontements.
Le chef d’état-major des FARDC a également été saisi afin de prendre des mesures urgentes visant à renforcer la présence militaire dans cette partie du pays.
La question sensible des éleveurs nomades
Les Mbororo sont des éleveurs nomades originaires principalement de la République centrafricaine, du Soudan et du Tchad. Depuis plusieurs années, leurs déplacements saisonniers à la recherche de pâturages les conduisent à traverser différentes régions d’Afrique centrale, y compris certaines zones de la RDC.
Toutefois, leur installation temporaire dans des régions agricoles entraîne régulièrement des tensions avec les communautés locales, notamment en raison de la destruction des cultures et des litiges liés à l’accès aux terres.
Dans le Nord-Ubangi, ces tensions semblent aujourd’hui atteindre un seuil critique, poussant les autorités congolaises à envisager des mesures sécuritaires pour éviter une détérioration de la situation.
Alors que les discussions se poursuivent entre autorités nationales et provinciales, l’enjeu pour Kinshasa est désormais clair : restaurer l’ordre public dans la province tout en évitant que ces tensions locales ne dégénèrent en crise sécuritaire plus large.
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