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10 mars, 2026 - 22:28:48
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Accord Chine–Canada : Pékin dément toute cible américaine, Trump menace Ottawa de droits de douane à 100 %

La tension commerciale monte d’un cran entre Washington, Ottawa et Pékin. Alors que le Canada a conclu en janvier à Pékin un accord préliminaire visant à réduire les barrières douanières avec la Chine, Donald Trump brandit la menace de surtaxes massives pouvant atteindre 100 % sur les produits canadiens exportés vers les États-Unis. Lundi, la Chine a assuré que ce rapprochement « ne vise aucune tierce partie » et repose sur une logique de coopération « gagnant-gagnant ». Mais derrière ces déclarations diplomatiques, l’enjeu est stratégique : face à la guerre commerciale relancée par l’ancien président américain, Ottawa cherche à diversifier ses débouchés vers l’Asie et l’Europe, au risque d’exacerber les tensions avec son principal partenaire économique.

Le message de Pékin se veut apaisant. Celui de Washington, frontal. Au centre, Ottawa tente d’ouvrir de nouveaux marchés.

Lundi 26 janvier, la Chine a affirmé que l’accord commercial récemment conclu avec le Canada « ne vise aucune tierce partie », au lendemain des menaces de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 100 % sur les importations canadiennes vers les États-Unis en cas de rapprochement économique accru entre Ottawa et Pékin.

Cette passe d’armes intervient alors que le premier ministre canadien, Mark Carney, cherche à réduire la dépendance commerciale de son pays vis-à-vis du marché américain, qui absorbe encore l’essentiel des exportations canadiennes.

Un accord « préliminaire, mais historique »

En janvier, à Pékin, le chef du gouvernement canadien a scellé ce qu’il a qualifié « d’accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane ».

Parmi les mesures annoncées figure notamment l’entrée au Canada de 49 000 véhicules électriques chinois à un tarif préférentiel de 6,1 %, un signal fort dans un secteur stratégique pour la transition énergétique.

Pour Ottawa, il s’agit de diversifier ses partenaires et de sécuriser ses chaînes d’approvisionnement, dans un contexte de tensions répétées avec Washington.

Pékin plaide la coopération

Face aux critiques américaines, la Chine a cherché à désamorcer toute lecture géopolitique.

« Pour la Chine, les relations entre États doivent se fonder sur une logique de gagnant-gagnant, non de jeu à somme nulle, et sur la coopération, non sur la confrontation », a déclaré Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« La Chine et le Canada construisent un partenariat stratégique de type nouveau. […] Cela ne vise aucune tierce partie, sert les intérêts communs des deux peuples et contribue également à la paix, à la stabilité, au développement et à la prospérité du monde », a-t-il insisté lors d’un point presse.

La riposte américaine en embuscade

À Washington, le ton est nettement plus dur.

Donald Trump a averti samedi qu’il imposerait des « droits de douane à 100 % » sur les importations canadiennes si Ottawa allait plus loin dans son rapprochement commercial avec Pékin.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a précisé la menace : la surtaxe s’appliquerait « s’ils font un accord de libre-échange » avec la Chine, c’est-à-dire « s’ils vont plus loin et qu’on voit qu’ils laissent les Chinois déverser leurs produits » en Amérique du Nord.

Une façon de rappeler la dépendance structurelle du Canada à son voisin du sud, premier partenaire commercial du pays.

Une bataille d’influence économique

Derrière l’épisode diplomatique se joue un bras de fer plus large.

La stratégie canadienne vise à élargir ses débouchés vers l’Asie et l’Europe pour réduire les risques liés aux tensions protectionnistes américaines. Mais ce rééquilibrage heurte directement les intérêts de Washington, qui entend limiter l’influence économique chinoise sur le continent nord-américain.

Le Canada se retrouve ainsi pris entre deux pôles.

D’un côté, l’accès privilégié au marché américain. De l’autre, l’attractivité d’un partenariat avec la deuxième économie mondiale.

Un choix stratégique délicat, qui pourrait redessiner les équilibres commerciaux de la région.

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