Une scène de violence collective a éclaté mardi 14 avril à Ndengamongo, dans le territoire de Luembe (Kasaï), après la propagation d’une rumeur liée à une supposée disparition d’organes génitaux. Plusieurs personnes ont été grièvement blessées, illustrant les dérives de la justice populaire dans un contexte de peur et de désinformation.
Un nouvel épisode de justice populaire a secoué mardi 14 avril 2026 la localité de Ndengamongo, dans le territoire de Luembe, faisant plusieurs blessés, dont au moins quatre dans un état grave. Selon des sources locales concordantes, les violences ont éclaté à la suite d’une rumeur évoquant la disparition supposée, attribuée à des pratiques mystiques, de l’organe génital d’un jeune homme d’une vingtaine d’années.
Les faits auraient débuté par une altercation entre des pousseurs de vélos transportant des marchandises et des habitants de la zone. D’après plusieurs témoignages, le jeune homme se serait approché d’un groupe de transporteurs en pause lorsqu’il aurait affirmé ressentir soudainement la disparition de ses parties génitales. Si la situation se serait ensuite normalisée, l’émoi suscité par cet épisode a rapidement gagné l’ensemble de la localité.
Une rumeur aux effets immédiats
Relayée de bouche à oreille, la rumeur a provoqué une vive inquiétude, puis une montée de colère. Dans un climat de suspicion généralisée, des habitants ont réagi violemment, s’en prenant sans distinction aux personnes présentes, y compris à des individus sans lien direct avec les faits. Les affrontements ont fait plusieurs blessés, certains souffrant de fractures et de traumatismes graves.
Le présumé responsable a réussi à prendre la fuite et demeure introuvable. Par mesure de précaution, la victime et sa famille ont été placées sous protection par les services de sécurité.
Malgré ces dispositions, la situation reste tendue à Ndengamongo, où la circulation de rumeurs liées à des pratiques mystiques continue d’alimenter la peur. Les autorités locales sont appelées à intervenir rapidement pour apaiser les tensions, rétablir l’ordre public et sensibiliser la population aux dangers des réactions collectives non maîtrisées.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

