À Washington, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka multiplie les échanges stratégiques dans le cadre des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Entre consolidation du cadre macroéconomique, préparation des prochaines évaluations du programme avec le FMI et renforcement des partenariats dans le secteur de la santé, la cheffe du gouvernement congolais entend défendre les intérêts de la RDC dans un contexte international incertain. Une participation qui vise à mobiliser des financements, consolider les réformes en cours et soutenir une croissance durable.
La République démocratique du Congo affirme sa présence sur la scène économique internationale. Arrivée à Washington le 13 avril 2026, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, participe aux Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), qui se tiennent du 13 au 18 avril dans la capitale américaine.
Ce rendez-vous annuel, qui rassemble les principaux décideurs économiques mondiaux, constitue un cadre privilégié pour aborder les enjeux liés à la stabilité financière, à la croissance et au développement. Pour la cheffe du gouvernement congolais, il s’agit également d’une opportunité stratégique de consolider les partenariats et de promouvoir les priorités économiques du pays.
Dès le 14 avril, Judith Suminwa a entamé une série d’audiences avec des partenaires techniques et financiers engagés dans l’accompagnement des réformes économiques de la RDC. Parmi ces rencontres figure celle accordée à Jephté Nsumbu, administrateur suppléant au FMI, et à Félicien Mulenda, coordonnateur du Comité technique de réforme du ministère des Finances.
Au cœur des échanges : les perspectives macroéconomiques du pays et le suivi du programme en cours avec le FMI. « Nous avons eu le privilège d’être reçus par Son Excellence Madame la Première ministre afin de faire le point sur le déroulement des réunions au niveau du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, mais également de donner une vision claire des perspectives économiques du pays », a déclaré Jephté Nsumbu à l’issue de l’audience.
Dans un contexte international marqué par des incertitudes, notamment liées aux tensions géopolitiques, les indicateurs macroéconomiques congolais demeurent globalement maîtrisés. « Le cadre macroéconomique reste globalement sous contrôle, en dépit de certaines pressions liées aux dépenses sécuritaires », a-t-il précisé.
Les discussions ont également porté sur la préparation de la troisième revue du programme avec le FMI, attendue à partir du 23 avril 2026. Cette étape, fondée sur les performances enregistrées à fin décembre 2025, sera déterminante pour l’évaluation de la gestion économique du pays. « Cette revue permettra d’évaluer la gestion macroéconomique du pays et conduira, le cas échéant, à un examen par le Conseil d’administration du FMI prévu fin juin », a indiqué Jephté Nsumbu.
L’enjeu est de taille pour les autorités congolaises, chaque évaluation positive pouvant déboucher sur un appui budgétaire. « Chaque revue concluante peut aboutir à un décaissement en appui budgétaire pour la République », a-t-il rappelé.
Parallèlement aux discussions économiques, la Première ministre a également renforcé les échanges dans le secteur de la santé. Elle a reçu le Dr Jean Kaseya, directeur général de Africa CDC, avec qui elle a évoqué les avancées réalisées et les perspectives de coopération.
Le responsable de l’institution africaine a salué les efforts du gouvernement congolais. « Les Congolais doivent être fiers des efforts fournis par leur gouvernement, notamment l’augmentation du budget de la santé grâce à des initiatives propres », a-t-il affirmé.
Les deux parties ont également exploré des mécanismes innovants de financement, notamment les dispositifs de conversion de dette. « Nous avons discuté des initiatives innovantes pour générer des ressources supplémentaires, notamment à travers les mécanismes de “debt swap”, et la Première ministre a accueilli ces propositions de manière positive », a ajouté Jean Kaseya.
Au-delà des rencontres bilatérales, Judith Suminwa doit intervenir lors d’un événement réunissant partenaires et officiels, afin de présenter les avancées de la RDC et les opportunités de coopération, en particulier dans le domaine de la santé.
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