Un cap opérationnel se précise pour le corridor de Lobito. Réunis à Washington le 16 avril 2026, la RDC, l’Angola, la Zambie et leurs partenaires financiers ont décidé d’accélérer la mise en œuvre de ce projet structurant. Pensé comme un programme multisectoriel, il vise à transformer durablement les économies régionales, en combinant infrastructures, industrialisation et intégration commerciale. Kinshasa entend y jouer un rôle central, en misant sur une approche structurée et des réformes destinées à attirer les investissements.
Un nouvel élan est donné au projet du corridor de Lobito, désormais engagé dans une phase d’accélération concrète. Réunis le 16 avril 2026 à Washington, la Banque mondiale, la République démocratique du Congo, l’Angola et la Zambie, accompagnés de plusieurs partenaires financiers internationaux, ont convenu d’accélérer la mise en œuvre de ce vaste programme régional, conçu pour transformer en profondeur les économies des trois pays.
Autour de la table figuraient notamment la Banque africaine de développement (BAD), Africa Finance Corporation (AFC), l’International Finance Corporation (IFC), la Banque européenne d’investissement (BEI), ainsi que l’Italie à travers son plan Mattei, en présence du Secrétariat général du corridor de Lobito. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des discussions engagées en février dernier à Luanda, traduisant une volonté commune de passer d’une phase de coordination à une dynamique opérationnelle.
Pensé comme un programme intégré, le corridor de Lobito dépasse largement le cadre des infrastructures de transport. Il ambitionne de connecter plusieurs secteurs clés, notamment les mines, le commerce, l’énergie, l’agriculture, l’industrie de transformation, le tourisme et les nouvelles technologies. L’objectif affiché est clair : stimuler la création de richesses, renforcer l’intégration régionale et générer des emplois durables.
La délégation congolaise, conduite par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a défendu une vision structurée du projet, articulée autour de la transformation locale des ressources et de l’industrialisation. Une approche relayée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, qui a détaillé les axes stratégiques retenus par Kinshasa.
« La RDC a opté pour une approche structurée autour de quatre axes principaux », a-t-il indiqué, évoquant notamment un modèle de financement hybride combinant ressources publiques et privées. À cela s’ajoute une structuration par phases, destinée à permettre une montée en puissance progressive des infrastructures.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de mettre en place une gouvernance dédiée, à travers une entité spécifique chargée de la gestion et du suivi du corridor. « Il s’agit de garantir l’efficacité, la transparence et la cohérence dans la mise en œuvre des projets », a-t-il précisé.
Enfin, le climat des affaires constitue un pilier central de cette stratégie. Les autorités congolaises misent sur des réformes structurelles pour attirer les investissements, notamment à travers l’adhésion à l’Accord sur la facilitation des investissements pour le développement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Au-delà des intentions, les partenaires ont affiché leur volonté de concrétiser rapidement les engagements pris. La prochaine étape est d’ores et déjà fixée : une réunion est prévue en juin 2026 à Kinshasa, où l’ensemble des parties prenantes se retrouveront pour examiner les projets retenus, évaluer leur faisabilité et lancer les procédures d’appel d’offres internationales.
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