Prix en hausse : l’économie Un choc global en préparation. Dans son rapport « Commodity Markets Outlook », la Banque mondiale alerte sur une hausse significative des prix des matières premières en 2026, tirée par l’énergie et les métaux. Sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, les cours devraient progresser de 16 % en moyenne. Entre flambée des hydrocarbures, records attendus pour les métaux et pressions sur les engrais, ces prévisions dessinent un environnement économique incertain, avec des répercussions directes sur les économies dépendantes des importations et sur les marchés mondiaux.
La hausse des prix des matières premières pourrait s’imposer comme l’un des marqueurs économiques majeurs de l’année 2026. Dans son rapport « Commodity Markets Outlook » publié le 28 avril, la Banque mondiale prévoit une augmentation globale de 16 % des prix, sous l’effet conjugué de tensions géopolitiques persistantes et de perturbations logistiques affectant les chaînes d’approvisionnement.
Au cœur de cette dynamique, le secteur énergétique apparaît comme le principal moteur de la hausse. Les prix des produits énergétiques devraient bondir de 24 % en 2026, atteignant leur niveau le plus élevé depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022. Cette flambée s’explique notamment par les attaques visant les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 35 % du commerce mondial de pétrole par voie maritime.
Selon les projections, le baril de Brent devrait s’établir en moyenne à 86 dollars en 2026, contre 69 dollars en 2025, avant un repli attendu à 70 dollars en 2027. « Les perturbations de l’approvisionnement liées au conflit ont provoqué le plus important choc pétrolier jamais enregistré », souligne le rapport, évoquant une réduction initiale de l’offre mondiale de près de 10 millions de barils par jour.
Le gaz naturel suit une trajectoire similaire, notamment en Europe, où les prix devraient augmenter de 25 % en 2026 en raison de la concurrence accrue pour les cargaisons de gaz naturel liquéfié. Cette tension s’explique par la baisse de l’offre en provenance des zones affectées par le conflit. Aux États-Unis, la progression devrait être plus modérée, avec des hausses estimées à 8 % en 2026 et 5 % en 2027.
Le charbon, de son côté, devrait connaître une hausse de 20 % en 2026, portée par un recours accru à cette ressource pour compenser les pénuries de gaz. Cette évolution souligne les ajustements énergétiques opérés par plusieurs économies face à l’instabilité des approvisionnements.
Au-delà de l’énergie, les métaux devraient également enregistrer des performances remarquables. La Banque mondiale anticipe une hausse moyenne de 17 % des prix, soutenue par une demande croissante liée au développement des technologies numériques, des véhicules électriques et des énergies renouvelables. L’aluminium pourrait atteindre 3 200 dollars la tonne (+21,6 %), le cuivre 12 000 dollars (+20,6 %) et le nickel 17 000 dollars (+12,1 %).
Les métaux précieux, quant à eux, devraient battre de nouveaux records. Le prix de l’or pourrait atteindre 4 700 dollars l’once en 2026, soit une hausse de 36,6 %, tandis que l’argent et le platine enregistreraient des progressions respectives de 75,9 % et 52,5 %. « L’incertitude géopolitique alimente la ruée vers les valeurs refuges », note l’institution, soulignant l’attractivité croissante de ces actifs en période de turbulence.
Dans le secteur agricole, les évolutions apparaissent plus contrastées. Les prix des denrées alimentaires devraient augmenter modérément, d’environ 2 %, en raison de niveaux élevés de stocks mondiaux. Toutefois, certaines matières premières, notamment les huiles végétales, pourraient subir des hausses plus marquées, en lien avec leur utilisation dans les biocarburants.
Les prix des engrais devraient, quant à eux, progresser de 31 % en 2026, reflétant les perturbations affectant les principaux pays producteurs. Cette hausse pourrait avoir des répercussions indirectes sur les coûts de production agricole à l’échelle mondiale.
La Banque mondiale souligne enfin que les risques pesant sur ces projections sont orientés à la hausse. Si les tensions au Moyen-Orient devaient se prolonger ou s’intensifier, le prix du Brent pourrait atteindre une fourchette comprise entre 95 et 115 dollars le baril en 2026. Une telle évolution accentuerait les pressions inflationnistes et les déséquilibres économiques, notamment dans les pays importateurs.
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