Transformer les engagements diplomatiques en résultats concrets pour les agriculteurs congolais : telle est l’ambition affichée par Julien Paluku Kahongya, à l’issue d’échanges avec l’ambassadrice britannique Alyson King et la direction de Rawbank. Au cœur de cette initiative, un appui ciblé à six filières agricoles prioritaires, soutenu par des financements innovants et l’expertise de la Société financière internationale (IFC). L’objectif est clair : renforcer les capacités d’exportation tout en intégrant les zones post-conflit dans la dynamique économique nationale.
Le gouvernement congolais entend accélérer la transformation du secteur agricole en levier d’exportation. Lundi 4 mai, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a conduit une série d’échanges stratégiques à Kinshasa, d’abord avec l’ambassadrice du Royaume-Uni, Alyson King, puis avec la direction commerciale de Rawbank, en vue de traduire des engagements diplomatiques en solutions concrètes au profit des producteurs locaux.
Au cœur de ces discussions figure une priorité : structurer et financer les filières agricoles à fort potentiel d’exportation. « L’objectif est de transformer les engagements diplomatiques britanniques en solutions concrètes pour nos agriculteurs », a déclaré le ministre, mettant en avant une approche pragmatique fondée sur des partenariats opérationnels.
Six filières ont été identifiées comme stratégiques dans cette dynamique : le café, le cacao, le riz, le maïs, le manioc et l’huile de palme. Ces cultures, largement répandues sur le territoire national, présentent un potentiel significatif en termes de valeur ajoutée et d’accès aux marchés internationaux. Leur structuration apparaît comme un levier clé pour diversifier l’économie congolaise, encore fortement dépendante des ressources minières.
Le dispositif envisagé repose sur des mécanismes de financement innovants, adossés à l’expertise technique de la Société financière internationale (IFC), branche du groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. L’objectif est de faciliter l’accès au crédit pour les producteurs et les opérateurs de la chaîne de valeur, tout en améliorant les standards de production et de transformation.
Dans cette perspective, le rôle de Rawbank est central. Première banque commerciale du pays, l’institution est appelée à accompagner le financement des filières ciblées, en développant des produits adaptés aux réalités du secteur agricole. Cette implication du secteur bancaire est perçue comme un élément déterminant pour combler le déficit de financement qui freine le développement des exportations agricoles en RDC.
Au-delà de la dimension économique, le ministre a insisté sur la nécessité d’une approche inclusive. « Nous avons particulièrement insisté sur la nécessité d’un accompagnement spécifique pour les zones sortant de conflits, afin que la relance économique soit inclusive et touche toutes les provinces », a-t-il souligné. Cette orientation vise à intégrer les territoires fragilisés dans la dynamique de croissance, en faisant de l’agriculture un vecteur de stabilisation et de reconstruction.
Les partenaires internationaux, à l’image du Royaume-Uni, apparaissent ainsi comme des relais essentiels pour mobiliser des ressources financières et techniques. Leur engagement s’inscrit dans une logique de coopération économique renforcée, orientée vers des résultats concrets sur le terrain.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement congolais visant à promouvoir les exportations non minières et à renforcer la résilience de l’économie nationale. En misant sur l’agriculture, les autorités entendent créer des chaînes de valeur intégrées, capables de générer des emplois, d’augmenter les revenus des producteurs et de positionner la RDC sur les marchés internationaux.
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