La Journée nationale du géomètre et de l’École du cadastre a été célébrée jeudi à Kisangani sur fond d’appel à une meilleure gouvernance foncière en République démocratique du Congo. Devant les professionnels du secteur, les autorités provinciales de la Tshopo ont insisté sur le rôle stratégique du géomètre dans la prévention des conflits fonciers, la protection des patrimoines publics et privés ainsi que l’organisation du territoire. Pour le rapporteur de l’Assemblée provinciale, Paul Lokesa, la maîtrise de l’espace et la sécurisation des terres constituent désormais des enjeux centraux de stabilité et de développement pour le pays.
La ville de Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, a accueilli jeudi les activités marquant la Journée nationale du géomètre et de l’École du cadastre, dans un contexte où les questions foncières demeurent au centre des défis de gouvernance en République démocratique du Congo.
Réunissant autorités provinciales, professionnels du cadastre, enseignants et étudiants, cette célébration a servi de cadre à plusieurs échanges sur la place stratégique du géomètre dans l’organisation de l’espace territorial, la sécurisation des biens ainsi que la prévention des conflits liés aux terres.
Prenant la parole au nom de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, le rapporteur Paul Lokesa a insisté sur la dimension républicaine du métier de géomètre. Selon lui, le rôle de ces professionnels dépasse largement les simples opérations techniques de mesurage ou de délimitation foncière.
« Le géomètre assume une responsabilité républicaine majeure par la production de son travail scientifique. Il sécurise le droit, prévient les conflits, protège les bâtiments publics et privés, accompagne les planifications des terres », a déclaré Paul Lokesa devant les participants.
En RDC, les conflits fonciers figurent parmi les principales causes de tensions sociales dans plusieurs provinces. Les autorités administratives et judiciaires sont régulièrement confrontées à des affaires de chevauchement de titres, de spoliation de parcelles ou encore de contestation des limites territoriales. Dans ce contexte, les géomètres apparaissent comme des acteurs essentiels de régulation et de sécurisation juridique.
À Kisangani, plusieurs intervenants ont également mis en avant le rôle de l’École du cadastre dans la formation des cadres techniques appelés à accompagner la modernisation de la gestion foncière du pays. Les participants ont plaidé pour un renforcement des moyens matériels et pédagogiques afin de permettre aux futurs géomètres de répondre aux exigences actuelles du développement urbain et territorial.
Les débats ont aussi porté sur les enjeux de la planification des terres dans une province comme la Tshopo, caractérisée par l’étendue de son territoire, la croissance démographique de certaines zones urbaines et l’exploitation de nombreuses ressources naturelles. Pour plusieurs experts présents, l’absence de cartographie actualisée et de mécanismes fiables de gestion foncière favorise les conflits communautaires et freine les investissements.
La célébration de cette journée a ainsi permis de remettre au premier plan les questions liées à la gouvernance des terres, considérées comme un levier majeur de stabilité politique et économique. Plusieurs participants ont estimé que la profession de géomètre devait être davantage valorisée au regard de son impact direct sur l’aménagement du territoire, la sécurisation des infrastructures publiques et la protection des patrimoines privés.
Dans son intervention, Paul Lokesa a également insisté sur la nécessité d’intégrer davantage les compétences scientifiques dans les politiques publiques de développement territorial. Pour lui, la maîtrise de l’espace constitue aujourd’hui un enjeu stratégique dans un pays où les pressions démographiques, économiques et foncières deviennent de plus en plus fortes.
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