Le paludisme continue de peser lourdement sur le système sanitaire du Nord-Kivu. Plus de 1,3 million de cas simples et près de 239 000 cas graves ont été enregistrés dans la province au cours de l’année 2025, selon les autorités sanitaires. Malgré cette situation préoccupante, une baisse progressive de l’incidence et de la mortalité est observée depuis le début de l’année 2026 grâce aux campagnes de prévention et de sensibilisation menées dans les communautés. Les services de santé appellent toutefois la population à renforcer les mesures de protection, dans une province où les enfants et les femmes enceintes restent les principales victimes de cette maladie.
Le paludisme demeure l’un des principaux défis sanitaires dans la province du Nord-Kivu, où les structures médicales continuent d’enregistrer un nombre élevé de cas malgré les campagnes de prévention menées par les autorités sanitaires et leurs partenaires.
Au cours de l’année 2025, les services de santé ont recensé 1 340 170 cas simples de paludisme ainsi que près de 239 000 cas graves dans l’ensemble de la province, selon les statistiques communiquées jeudi à Beni par le médecin chef de la Division provinciale de la santé du Nord-Kivu.
Intervenant lors d’un café de presse organisé dans la ville, le docteur Gaston Mubambo a dressé un état des lieux préoccupant de la situation épidémiologique dans cette province de l’est de la République démocratique du Congo.
Selon le responsable sanitaire, ces chiffres traduisent l’ampleur persistante du paludisme dans une région où cette maladie figure parmi les premières causes de consultation dans les centres de santé et les hôpitaux.
Malgré ce lourd bilan sanitaire, les autorités sanitaires observent toutefois une évolution jugée encourageante depuis le début de l’année 2026.
Le docteur Gaston Mubambo a indiqué que les indicateurs liés à l’incidence et à la mortalité du paludisme affichent actuellement une tendance progressive à la baisse dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu.
Cette amélioration est principalement attribuée aux différentes campagnes de sensibilisation organisées auprès des communautés afin d’encourager les populations à consulter rapidement les structures médicales dès l’apparition des premiers symptômes.
Les services de santé insistent particulièrement sur les dangers de l’automédication, régulièrement dénoncée par les professionnels de santé comme une source fréquente de complications graves chez les patients atteints de paludisme.
Dans le dispositif de prise en charge mis en place dans la province, les cas graves présentant des complications sont orientés vers les hôpitaux pour des soins spécialisés, tandis que les cas simples sont suivis dans les centres de santé de proximité.
Les autorités sanitaires rappellent également l’importance de l’utilisation correcte des moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées gratuitement dans les ménages dans le cadre des campagnes de prévention.
Le docteur Mubambo a dénoncé la commercialisation de ces moustiquaires dans certains marchés locaux, estimant que cette pratique compromet les efforts engagés pour limiter la propagation de la maladie.
Outre les moustiquaires, les services de santé considèrent l’assainissement de l’environnement comme un levier essentiel dans la lutte contre le paludisme.
L’élimination des eaux stagnantes, le nettoyage régulier des milieux de vie et la réduction des espaces favorisant la prolifération des moustiques figurent parmi les principales mesures recommandées aux populations.
Les autorités sanitaires demandent également aux habitants de se rendre rapidement dans une structure médicale en cas de fièvre ou de symptômes suspects afin d’éviter l’aggravation de la maladie.
Au Nord-Kivu, le paludisme affecte particulièrement les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes, considérés comme les catégories les plus vulnérables face à cette maladie.
Dans une province marquée par les déplacements de populations liés à l’insécurité persistante dans certaines zones, les professionnels de santé estiment qu’une approche combinant prévention, sensibilisation communautaire et prise en charge rapide demeure indispensable pour réduire durablement l’impact du paludisme.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

