Visé par une plainte des autorités provinciales du Nord-Kivu, Crispin Mbindule Mitono est accusé d’alimenter un climat de déstabilisation politique et sécuritaire dans une province sous état de siège. Entre critiques des opérations FARDC-UPDF, soupçons d’instrumentalisation des Wazalendo et tensions autour d’un gisement d’or stratégique à Beni, l’élu est présenté comme l’un des acteurs d’une offensive politique aux implications sécuritaires préoccupantes.
Entre accusations de subversion, critiques des opérations militaires conjointes FARDC-UPDF, et bataille cachée autour d’un gisement d’or dans le territoire de Beni, le député national et président du Conseil d’administration du Cadastre minier (CAMI) est visé par une plainte formelle des autorités provinciales. En pleine état de siège, l’élu est accusé de fragiliser délibérément l’autorité de l’État pour servir des intérêts privés.
La province du Nord-Kivu, dirigée par le Général-Major, Evariste Somo Kakule, un gouverneur militaire, a « failli basculer dans une situation incontrôlable », selon une source sécuritaire locale. L’homme au centre de cette tempête politique : Crispin Mbindule Mitono, député national influent, membre de l’UDPS, et PCA du CAMI. Grief à son encontre aux yeux des autorités provinciales et des observateurs avertis ? Une « instrumentalisation politique » du débat sur la révision constitutionnelle pour « porter atteinte aux actions du gouverneur militaire dans cette région stratégique qui est une poudrière permanente », selon une plainte de l’autorité provinciale dont Infos27 a pris connaissance.
Un séjour clandestin en zone sensible
Les faits sont particulièrement accablants, et ont été constitués.
Tout commence début mai 2026 lorsque Mbindule effectue un séjour dans la ville de Butembo « sans notification préalable aux autorités politico-administratives et sécuritaires compétentes, malgré le caractère sensible de cette zone sous état de siège », peut-on lire dans le document d’accusation. Durant ce séjour, « plusieurs rencontres discrètes ont été organisées avec certains acteurs locaux et groupes subversifs actifs dans la ville et ses périphéries ».
Le 4 mai 2026, lors d’une émission diffusée sur Radio Canal Wikongo et relayée sur plusieurs radios locales, l’élu s’en prend publiquement à une mesure du gouvernement central interdisant la circulation des poids lourds équipés de châssis transformés et hors normes (ndlr lesquels véhicules ne circulent que dans cette partie du Nord-Kivu et nulle part au monde). Or, rappelle le document, « cette mesure du gouvernement central en consultation avec l’Ouganda vise à préserver les routes, ponts et infrastructures fortement dégradés dans les territoires de Beni, Butembo et Lubero et permettre l’asphaltage en cours par la société Dott Service ».
Les autorités provinciales qualifient ces propos de « nettement subversifs et de sabotage des mesures prises dans le cadre de l’état de siège ».
Le coup de force parlementaire du 11 mai
Le 11 mai 2026, jour où « le Président de la République Félix Tshisekedi et son homologue ougandais évaluaient à Kampala la coopération militaire FARDC-UPDF contre les ADF (et des accords historiques signés) », Mbindule monte à la tribune de l’Assemblée nationale pour déclarer que ces opérations conjointes constituent « un échec ».
La provocation est jugée inacceptable : « De telles déclarations sont susceptibles de démobiliser les populations et de réduire leur collaboration avec les forces de défense et de sécurité », accuse la plainte provinciale.
Deux jours plus tard, soit le 13 mai, une vidéo relayée sur les réseaux sociaux le montre affirmant que le gouverneur du Nord-Kivu s’opposerait à la révision constitutionnelle, après avoir précédemment accusé les autorités provinciales de vouloir « faire taire les députés nationaux » et d’être en connivence avec Moïse Katumbi et le Rwanda.
« Ces déclarations contradictoires traduisent une stratégie de manipulation de l’opinion et de discrédit systématique des institutions provinciales », conclut le document.
L’or caché de Kilya : le vrai motif du conflit
Derrière ce bras de fer politique se cache une affaire beaucoup plus concrète, et potentiellement explosive : un important gisement d’or découvert dans la zone de Kilya, sur l’axe Kasindi-Beni, dans le territoire de Beni.
Selon la plainte consultée par Infos27, « afin de préserver les intérêts de l’État et de la province, le gouvernement provincial avait proposé que l’exploitation de ce gisement soit confiée à la Société Minière du Nord-Kivu afin de garantir des retombées économiques publiques et provinciales ». Ces informations, « vu le

