La Banque centrale du Congo accélère la modernisation du système financier congolais. Jeudi 21 mai à Kinshasa, le gouverneur de la BCC, André Wameso, a lancé officiellement le module B-Match de la plateforme Bloomberg FXGO, présenté comme un outil stratégique destiné à renforcer la transparence du marché de change et à limiter les distorsions dans la fixation du taux de change du franc congolais. Désormais, le taux indicatif sera calculé uniquement sur la base des opérations interbancaires réelles, une réforme que la Banque centrale considère comme une étape majeure vers un marché financier plus crédible et aligné sur les standards internationaux.
Le marché de change congolais entre dans une nouvelle phase de modernisation. La Banque centrale du Congo (BCC) a procédé jeudi 21 mai à Kinshasa au lancement officiel du module B-Match de la plateforme Bloomberg FXGO, un système présenté comme une réforme structurelle destinée à renforcer la transparence des opérations interbancaires et à améliorer la crédibilité du mécanisme de fixation du taux de change.
La cérémonie de lancement a été présidée par le gouverneur de la BCC, André Wameso, qui a expliqué que cette plateforme permettra désormais d’établir le taux de change indicatif uniquement à partir des transactions interbancaires effectivement réalisées.
Cette nouvelle méthodologie exclut ainsi les opérations effectuées avec les bureaux de change et la clientèle, jusque-là intégrées dans le système de calcul.
Fin d’un système jugé peu représentatif
Selon André Wameso, l’ancien mécanisme reposait sur une moyenne pondérée associant plusieurs types d’opérations qui ne reflétaient pas fidèlement la réalité du marché des devises.
« L’inclusion des transactions avec les bureaux de change et certains clients introduisait des opérations parfois peu liquides et difficilement vérifiables », a déclaré le gouverneur de la BCC lors de son intervention.
Le responsable de la Banque centrale a estimé que ce système favorisait certaines distorsions et exposait le marché à des pratiques spéculatives susceptibles d’influencer artificiellement le taux de change.
« Comme ces opérations étaient pondérées, les acteurs disposant des volumes les plus importants pouvaient influencer le taux de change », a-t-il ajouté.
Pour la Banque centrale, cette situation a contribué pendant plusieurs années à la volatilité du franc congolais, avec des répercussions directes sur les prix des biens et services, les investissements et le pouvoir d’achat des ménages.
Une réforme alignée sur les standards internationaux
À travers Bloomberg FXGO, la BCC entend rapprocher le marché financier congolais des standards internationaux en matière de transparence et de circulation de l’information financière.
« À travers FXGO, la BCC engage une nouvelle étape vers un marché financier plus crédible, plus fluide et plus résilient », a affirmé André Wameso.
Le gouverneur a également expliqué que cette réforme résulte d’échanges menés avec le Fonds monétaire international (FMI) autour des limites du précédent système de fixation du taux de change.
Selon lui, certaines critiques évoquaient l’existence d’un mécanisme de taux de change multiple en RDC, ce qui a conduit la Banque centrale à adopter une plateforme de référence mondiale utilisée sur plusieurs marchés financiers internationaux.
Au-delà du marché de change, la Banque centrale considère le lancement de Bloomberg FXGO comme une étape préparatoire à la modernisation globale du système financier national.
André Wameso a notamment souligné que cette réforme accompagne la future mise en œuvre de la loi sur les marchés boursiers, déjà adoptée par le Parlement et en attente de promulgation par le président Félix Tshisekedi.
Cette loi doit servir de socle juridique à la création d’une véritable bourse des valeurs en RDC et à l’approfondissement du marché financier national.
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